Le test détaillé des Salomon S/Lab Genesis, les meilleures ?

Le renouveau de la chaussure de trail ?

Celui qui s'intéresse aux produits techniques, et qui se balade régulièrement sur les comptes instagram des coureurs de la marque, aura sans aucun doute vu l'apparition d'une nouvelle paire de chaussures de trail à leurs pieds. Une chaussure qui ne ressemble pas aux autres modèles, un look plus massif, différent en particulier de la gamme S/Lab à laquelle elle est rattachée : la Salomon S/LAB Genesis. Voici ma présentation !

📷 Le test détaillé des Salomon S/Lab Genesis, les meilleures ? | Le renouveau de la chaussure de trail ?

Caractéristiques Salomon S/Lab Genesis

  • Poids 263g
  • Drop 8mm
  • Prix catalogue 190€

Usage: La chaussure de trail la plus polyvalente chez Salomon, parfaite du trail à l'ultra.
Points forts: Fit, confort, semelle, robustesse, légèreté
Points faibles: RAS, le prix éventuellement
Note: 4.75/5

Pendant plusieurs semaines, voire quelques mois, avant le lancement des chaussures, des images ont fait leur apparition sur Instagram, principalement lors d'un stage d'entrainement des athlètes de la marque au Cap Vert. Cette chaussure c'est la Salomon S/LAB Genesis.

Un peu plus tard, fin avril, c'est Mathieu Blanchard qui finit 4ème du MIUT 2022, avec les mêmes chaussures aux pieds, derrière de très très forts coureurs comme Jim ou la star montante Thibaud Garrivier (ces deux là courent en Hoka Tecton X). Un autre Thibault, Baronian, les utilise également pour quelques sorties alors qu'il est plutôt un coureur de courtes distances en trail. On aura aussi remarqué la communication du Sud Africain Ryan Sandes, sur son projet de 1100 km, la circum-navigation du Lesotho, un excellent laboratoire en conditions réelles de cette Salomon S/LAB Genesis qui est clairement pensée pour les longues échappées.

Les Salomon S/Lab Genesis de Thibaut Baronian

Les Salomon S/Lab Genesis aux pieds de Thibaut Baronian , sur son compte instagram.

Les caractéristiques des Salomon S/Lab Genesis

La Genesis se positionne sur le créneau de la chaussure longue distance, de l'ultra ou des Offs de plusieurs jours. La campagne marketing et la communication sur les réseaux sociaux pour preuve (Mathieu Blanchard sur le MIUT, Ryan Sandes et son projet de 1000km en Afrique du Sud). Il faudra d'ailleurs voir dans quelle mesure elle concurrence la S/LAB Ultra 4 qui finira sans doute par sortir.

Les Salomon S/Lab Genesis

La première chose, qui confirme une orientation sur toute la gamme S/LAB, c'est l'utilisation du Matryx. Comme sur les S/Lab Pulsar et S/Lab Pulsar SG, ainsi que les S/Lab Cross 2. C'est une excellente nouvelle, j'estime que c'est ce qui se fait de mieux aujourd'hui. Ce tissu offre les qualités qu'on attend d'une chaussure de trail : de la résistance et une notable légèreté lorsque le tissu est utilisé en une seule couche, comme ici.

Salomon S/Lab Genesis, le profil extérieur

Les Salomon S/LAB Genesis dans le salon avant que je parte les tester en montagne. Drop de la chaussure : 8mm

La Genesis utilise une mousse similaire à celle des Ultra Glide, moelleuse et très réactive, dans la veine de la S/Lab Pulsar en moins radical. Pas d'info sur la présence d'une plaque, ou alors une plaque en composite / fibre de verre comme sur la S/Lab Phantasm CF car la marque n'a pas (encore) misé sur le carbone. (P.S. : non pas de plaque)

De mon avis, ce n'est pas nécessaire sur une chaussure de trail, et c'est surtout la forme de la semelle et la mousse utilisée qui apporte de la dynamique. Cela semble le cas lorsqu'on regarde le profil de la Genesis.

La Salomon S/Lab Genesis

On notera également d'étonnants renforts latéraux, sur le coté extérieur (sur les photos ci-dessus), qui ressemblent à des patchs de dernière minute. C'est sans doute un exercice de style. De la même manière, un énorme "baquet" est présent sur l'intérieur de la chaussure. On devrait s'attendre à pas mal de stabilité. Je trouve cela assez étonnant, car je ne crois pas avoir vu pareil élément sur d'autres modèles S/Lab depuis que la gamme existe. Pourquoi une chaussure comme la S/Lab Ultra 3 n'en possède pas (ni trop les Ultra Glide), pourquoi une S/Lab Genesis en a "besoin" ?

La tige en Matryx de la Salomon S/Lab Genesis

On remarque également l'intégration d'une petite guêtre, qui contribue à donner du fit à la chaussure. On sait que les S/Lab Pulsar en ont un peu abusé, tant la chaussure est difficile à chausser. Ce n'est pas le cas ici. Là où la S/LAB Pulsar ne pouvait s'en remettre qu'à la tige pour maintenir le pied, la Genesis est beaucoup plus structurée comme le montrent les pièces latérales et les renforts en TPU autour de la cheville. Concernant le poids de l'ensemble, il est assez mesuré : ma balance de cuisine indique 266g pour la pointure 42 2/3 envoyée par la marque pour ce test.

la semelle Contagrip de la Salomon S/Lab Genesis

Dernier point, la semelle. Salomon annonce avoir beaucoup travaillé sur sa gomme "Contagrip". J'ai souvent trouvé que les modèles de la marque pêchaient un peu, surtout sur la roche humide et les terrains très compacts. J'attends de voir ce que cela donne. En tout cas, le dessin des crampons semble bien choisi pour une chaussure qui est destinée aux longues distances : large pour le contact sur la roche, espacé pour s'enfoncer dans la terre, et en d'autres termes offrir de la polyvalence.

Vous l'aurez compris, le produit m'intéresse depuis quelques temps. Je parle souvent de Slab, et les derniers modèles sont terribles d'efficacité : Pulsar SoftGround, Phantasm CF en attendant leur arrivée, Slab Ultra 3 (la S/Lab Ultra 4 devrait promettre). J'ai surtout pu récupérer un échantillon du produit, que j'ai eu le loisir de tester sur environ 100km. Voici mon avis !

Le test !

Cela fait plus d'un mois que je cours avec ces chaussures. Voici mon bilan après 4-5 sorties sur les terrains forestiers d'Ile de France, ainsi que sur les sentiers des Alpes. J'ai aussi couru la Montagn'hard 50km avec (54km et 4000d+).

Test de la Salomon S/Lab Genesis

Les Salomon S/Lab Genesis après quelques dizaines de kilomètres

Le fit et le confort

J'aime❤️. Au début j'ai eu peur d'être serré sur l'avant, juste devant les lacets. J'ai le pied un peu fort et j'ai senti un point dur pendant le premier footing. Probablement fallait-il que la chaussure se fasse, en particulier la semelle de propreté, la gène a vite disparu et je ne l'ai plus sentie par la suite.

Le fit : bien, on garde "l'adn" slab, mais ça pourrait être un peu plus maintenu au talon si l'usage est axé off/longues distances (pour nuancer mon ressenti positif). Pour l'instant je la vois bien pour "toutes les distances", (et même) pas forcément l'Ultra comme l'annoncent les différents utilisateurs qui ont déjà eu le privilège de courir avec, comme moi.

Le test des Salomon S/Lab Genesis

Le chausson autour de la cheville est ajusté comme il faut (quel souvenir de la Pulsar impossible à enfiler)

Je n'ai pas encore testé la gomme sur l'humide, la faute malheureuse à un début d'été bien sec. Salomon annonce une gomme améliorée, et je dois dire que je me suis toujours senti en confiance dans les sections où le sol s'effrite. Cela n'a jamais trop été le cas avec les précédentes Salomon que j'ai eu l'occasion de tester, ce qui en fait plutôt une bonne nouvelle. C'est un bon point, pour l'instant.

Les qualités dynamiques

La semelle intermédiaire utilise la même gomme que sur la Salomon UltraGlide, revue évidemment en mieux à la suite des différents retour d'expérience. La technologie : Energy Surge (Afflux/Poussée d'énergie en français, ça donne envie !). C'est aussi une version assagie de ce qu'on trouve sur la S/LAB Pulsar. Cette semelle est d'abord moelleuse, agréable, on se projette facilement sur la durée. Puis dès les premières foulées, ce sont les qualités de rebond qu'on remarque.

Le test des Salomon S/Lab Genesis

On ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec la S/LAB Pulsar : empeigne en matryx, chausson intégré, semelle EnergySurge, mais la comparaison s'arrête là. Alors que la S/LAB Pulsar n'offre pas le meilleur des maintien, la faute à une tige épurée, je trouve la Genesis très efficace. Le pied est bien calé dans la chaussure et le fit assez marqué donne une excellente précision à la foulée. Cette pièce latérale sur l'extérieur, sorte de patch, et la structure assez marquée autour du talon, offrent une très bonne stabilité à l'ensemble pied/chaussure. On est vraiment en confiance dans les dévers. C'est réussi.

Après 55km 4000d+

J'ai ressenti, sur la fin de la Montagn'hard, une petite gène sous le talon, sur le coté extérieur. Sur les deux pieds de façon symétrique. Cela ne m'arrive jamais, j'ai très rarement des ampoules, et j'ai du mal à en trouver l'explication. Je pense que cela vient de la semelle de propreté qui n'avait pas encore pris sa forme définitive, et l'empreinte de mon pied. Aucun souci sur l'avant en revanche. Bémol sur la robustesse, j'observe un léger décollement de la bande tpu / matrx à la pliure des méta-tarses, sur l'intérieur... Il faudra surveiller cela sur la durée, je vous tiendrai au courant ici-même.

Le test des Salomon S/Lab Genesis

Conclusion et avis sur ces Salomon S/LAB Genesis

Cette chaussure de trail est une réussite. Les Salomon S/LAB Genesis m'ont même réconcilié avec la marque. Je n'ai jamais trouvé les Salomon exceptionnelles, mais je suis en train de revoir mon jugement. J'avais déjà trouvé les Pulsar Trail de très bonnes chaussures, et ces Genesis sont excellentes. Confortables, précises, dynamiques, accrocheuses, toutes les qualités nécessaires pour le trail. Un autre point qui me plait, un design un peu différent de ce à quoi Salomon nous avait habitué. Cela fait parler dans les réseaux sociaux, certains ne la trouvent pas belle. Au contraire, je la trouve très réussie.

On se plaindra éventuellement du prix, car à 190€ on est dans la fourchette très haute pour des chaussures de trail. Cela dit, si la robustesse et la longévité sont au rendez-vous, c'est peut-être secondaire. J'ai le mauvais souvenir des Hoka SpeedGoat 3-4 (Les SpeedGoat 5 ont bcp progressé) qui se déchiraient dès les 400km. La notion de durabilité prend alors tout son sens (et le rapport qualité/prix) si on atteint les 1000km sans sourciller comme l'ont fait Ryan Sandes ou Simon Dugué.