Le test détaillé des Kiprun KD900X : la chaussure carbone par Decathlon

Fermes, efficaces et pas chères ?

Un peu en décalage avec les gros acteurs du marché, Decathlon, par le biais de sa marque running Kiprun, se lance (enfin diront certains !) dans la chaussure carbone. Elle avait été présentée à l’occasion de la Run Experience Marathon de Paris, alors qu’elle était encore en développement. Modèle forcément très attendu vu l’habituel rapport qualité-prix avantageux des produits de la marque, nous avons eu la chance de pouvoir la tester sur une période assez longue avant sa sortie en ce début septembre. Réactivité, polyvalence et aussi durabilité, le tout pour un tarif contenu: la promesse de Kiprun est belle. Est-elle tenue ? La réponse est à lire dans notre test détaillé.

📷 Le test détaillé des Kiprun KD900X : la chaussure carbone par Decathlon | Fermes, efficaces et pas chères ?

Caractéristiques Kiprun KD 900X

  • Poids 220g
  • Drop 8mm
  • Prix catalogue 150€

Usage: Pensée par Yoann Kowal, on est sur un modèle très typé perf, mais son prix permet de l'essayer "pour voir"
Points forts: Dynamique, prix/carbone, fermeté ?
Points faibles: Languette ?
Note: 4/5

Présentation générale

La Kiprun KD 900X

150€. Kiprun annonce la couleur et reste dans sa ligne de conduite en proposant un produit évolué à un tarif abordable, du moins dans le segment des chaussures de course équipées d’une plaque carbone. On reste dans des caractéristiques classiques pour ce type de chaussure: au talon, 37mm de mousse VFoam, de type PEBAX (fabriquée par Arkema, qui est aussi derrière l’amorti ZoomX utilisé chez Nike) qui doit apporter du confort sur les longues distances et surtout du dynamisme, faciliter la propulsion. Le drop 8mm devrait convenir à la plupart des coureurs.

La plaque carbone de la Kiprun KD 900X

La plaque carbone est plutôt classique, sans découpe particulière (comme sur les Altra Vanish Carbon testée ici par exemple, ou les Salomon S/Lab Phantasm CF testées là) et couvre toute la longueur de la chaussure. Cette plaque est prise en sandwich entre deux couches de mousse de même densité. C’est un choix de Kiprun un peu différent de ce que l’on retrouve ailleurs, où l’on a une mousse plus souple contre le pied, et une plus ferme sous la plaque. Cela a son importance et change le ressenti en course et le confort d’accueil.

La semelle de propreté, assez fine, est collée. Elle se décolle toutefois facilement: les porteurs de semelles orthopédiques pourront les utiliser en lieu et place de celles d’origine.

La Kiprun KD 900X de profil

Le poids reste contenu, avec 220g annoncés en 42, et 245g constatés en 44.5. C'est dans la bonne moyenne pour une chaussure de course "longue distance". D'autant que Kiprun n’a pas lésiné sur la semelle externe. Elle recouvre tout le tiers avant de la chaussure, ainsi que deux patchs sous le talon : les zones d’impact sont donc bien couvertes, par ce qui semble être un matériau très durable, et présent en bonne épaisseur.

Le talon et l'épaisse semelle de la Kiprun KD 900X

La tige est en mesh dont la matière semble légèrement plastifiée et micro-perforée. Peu de renforts sont présents, mais la tige étant tout de même assez épaisse, en comparaison du mesh d’autres modèles comme l’Asics MetaSpeed ou les adidas Adios Pro, ce n’est pas nécessaire: le mesh se suffit à lui-même.

Le talon est assez étroit et entièrement souple. On retrouve juste une sur-épaisseur de tissu au milieu afin de structurer cette partie, ainsi que des coussinets à l’intérieur qui viennent encadrer le tendon d’Achille.

Le tissu de la Kiprun KD 900X

Premières impressions

Résolument sportive et dynamique, la KD900x affiche ses prétentions avec sa tige blanche surlignée d’inserts fluo jaune et rose, des couleurs classiques sur les équipements haut de gamme de Kiprun. L’empeigne est moins souple que sur les modèles concurrents : on sent une légère rigidité du mesh, qui semble un peu épais. Le branding est assez discret, mais les connaisseurs reconnaîtront une Kiprun au premier coup d'œil : on peut dire que c’est réussi.

Les Kiprun KD 900X à plaque carbone

La semelle est épaisse et déborde largement derrière le talon, une conception que l’on retrouve sur la plupart des modèles concurrents : cela apporte de la stabilité et permet aussi de mieux diffuser les impacts. La plaque carbone est figurée par une ligne noire sur la longueur de la semelle, cela affine un peu la silhouette de la KD900x et ajoute du dynamisme à la ligne générale malgré le volume occupé par la semelle.

Test des Kiprun KD 900X

Efficacité

On pouvait craindre un peu d'inconfort à cause du mesh qui semble un tantinet rigide, mais il n'en est rien. Il s’avère suffisamment souple pour bien envelopper le pied sans point de pression aux points de flexion.

On sent dès l’enfilage que le fit est très ajusté au niveau du coup de pied : le maintien semble excellent, surtout après avoir passé un peu de temps à ajuster le laçage. L’avant-pied est relativement spacieux, ce qui sera appréciable sur les longues distances. Les orteils ont de la place, grâce à la base de la chaussure assez large à l’avant.

Test des Kiprun KD 900X

Le confort d’accueil est plutôt ferme : la mousse VFoam fait partie des amortis assez denses, avec un rebond moins marqué que sur d’autres modèles (on pense aux Endorphin Pro 3 ou Nike Vaporfly 2 par exemple).

On se souvient alors des deux couches de mousse de même densité utilisées dans la KD900X : Decathlon a probablement favorisé la stabilité et la durabilité au détriment de la sensation de rebond et de retour d’énergie certes grisante, mais bien moins durable et apportant un peu d'instabilité.

Il n’y a que le talon qui semble un peu flou : malgré l’étroitesse de la tige à cet endroit-là, et les petits coussinets internes, on sent un peu de mouvement même en marchant. un point de vigilance à garder en tête une fois en course.

Test des Kiprun KD 900X

La languette est fine, et n’est pas attachée à la tige. C’est un peu dommage, d’autant qu’elle à tendance à se plier un peu sur le bord, créant un point de frottement malvenu. Il faudra simplement faire attention au chaussage, elle ne bougera plus une fois en place.

Sur le plan dynamique, la chaussure est ferme. Ce n'est pas qu'elle manque d'amorti, il y a en a évidemment au regard de l'épaisseur de la semelle, mais il n'y pas le moelleux qu'on pourrait trouver sur des VaporFly ou Endorphin Pro par exemple. Pour profiter au mieux des qualités dynamiques de la chaussure, il faut "s'employer", la faire plier. Les qualités de retour d'énergie se révèlent plutôt à des allures élevées (c'est l'objectif). Elle conviendra mieux aux coureurs en recherche de fermeté. L'avantage connexe, la Kiprun KD 900X est plus stable que d'autres modèles de cette catégorie.

Test des Kiprun KD 900X

Conclusion

Avec son tarif canon de 150€, et sa proposition un peu différente des modèles concurrents, la Kiprun KD900x marque une belle entrée de la part de Kiprun sur le marché des chaussures carbone. On pourra penser qu’elle arrive un peu tard - Kiprun n’a probablement pas été aidé par la situation sanitaire - mais finalement la concurrence occupe un marché presque à part, avec un tarif 75% supérieur (voir doublé pour la nouvelle AlphaFly 2). Ferme, un peu moins évoluée au niveau de la tige, la KD900x n’en reste pas moins une proposition intéressante, polyvalente et durable (aucune trace d’usure n’est visible après plus de 100kms) qui pourra intéresser les coureurs à la recherche d’un peu plus de stabilité.