Les Saucony Endorphin Pro 3 à plaque carbone, le test complet !

Les plaques carbone Saucony

Troisième mouture de la chaussure de compétition de Saucony, les Endorphin Pro 3 débarquaient fin 22 juin avec pas mal de nouveautés: un tout nouveau mesh inspiré des pointes d'athlétisme (rappelons que Saucony est très présent dans ce domaine aussi), et une semelle intermédiaire qui prend près de 5mm d'épaisseur, afin de corriger un des reproches souvent fait au précédentes versions : un léger manque d'amorti, trop ferme, pour partir sur marathon sereinement, par rapport aux modèles concurrents qui combinent une super-mousse et une plaque carbone. Voici le test complet.

📷 Les Saucony Endorphin Pro 3 à plaque carbone, le test complet ! | Les plaques carbone Saucony

Caractéristiques Saucony Endorphin Pro

  • Poids 215g
  • Drop 8mm
  • Talon 39mm
  • Méta 31mm
  • Prix catalogue 250€

Usage: Pour les courses et la compétition, voir les objectifs de chrono
Points forts: Nervosité et réactivité + confort en bonus
Points faibles: Pas beaucoup (sauf le prix)
Note: 4.5/5

C'était au cours du lancement européen de la gamme Endorphin, qui s'est déroulé à Paris, que j'ai pu prendre en main la chaussure. Saucony a bien fait les choses et a poussé la thématique "rose" jusqu'au bout dans la House Of Speed, pop-up store créé pour l'occasion. Décorations, lumières, faux journaux, dossards, et évidemment les Endorphin Pro et Endorphin Speed, tout était rose.

Les Saucony Endorphin Pro 3

Présentation de l'Endorphin Pro 3

Annoncée à 215g en 42.5, la chaussure conserve un poids peu ou prou similaire aux modèles précédents (Endorphin Pro, et Endorphin Pro 2). Ce qui a été gagné sur la tige, désormais faite d'un mesh ultra fin, aéré, ressemblant presque à une maille très ajourée, a été repris sur la semelle. Cette dernière passe à 39,5mm au talon et 31,5mm à l'avant pied, soit 5mm de plus qu'auparavant, pour un drop qui reste à 8mm qui convient à la plupart.

Saucony Endorphin Pro 3 de profil

La mousse PWRUN PB reste la même. Elle est peut-être un peu plus moelleuse sur cette version. La plaque de carbone et la technologie Speedroll - la forme particulière de la plaque pour accélérer la bascule vers l'avant-pied - sont évidemment toujours présentes.

Sous la chaussure, la semelle externe a subi pas mal de modifications elle aussi. Le matériau a été revu, pour répondre à quelques critiques de fragilité sur la Pro 2, et on a surtout une couverture substantielle de la semelle. L'avant-pied est totalement recouvert du caoutchouc maison XT-900 avec des crampons assez marqués. Cela devrait assurer une accroche sans faille (on l'espère évidemment).

Sous la semelle la plaque carbone / Saucony Endorphin Pro 3

Premières impressions

Le test s'est déroulé en 2 parties. Nous avons d'abord pu profiter d'un "run media" organisé par Saucony afin de nous faire un premier avis sur l'Endorphin Pro 3. La seconde partie de l'article revient sur le produit de façon plus détaillée après une cinquantaine de kilomètres de course.

Saucony Endorphin Pro 3, vue 3/4 avant

Au menu, un échauffement très cool, quelques gammes, puis des variations de rythme afin de parcourir un large éventail d'allures. Une évidence d'abord, on ne passera pas inaperçu avec ce rose fushia souligné par des inserts façon arc-en-ciel autour des passants de lacets.

Le chaussant est assez ajusté, en particulier sur le dessus du pied. Pas à l'avant-pied où les orteils ne sont pas étriqués, mais plutôt au niveau du coup de pied. Il faudra prendre du temps pour bien ajuster le laçage. Il est aussi possible que l'empeigne "se fasse" après quelques kilomètres. Vu la légèreté du mesh, on imagine que cet ajustement assez fit est nécessaire afin d'assurer un bon maintien pour une chaussure qui reste assez haute.

La chaussure semble tailler petit, aussi : méfiance lors des achats en ligne sans essai préalable. Si vous avez pour habitude de prendre peu de marge en longueur, il faudra peut-être viser une demi-pointure supplémentaire.

Tige et lacets de la Saucony Endorphin Pro 3

En dehors de ça, le chaussant semble confortable sur ce court essai. Pas de point de frottement, pas de mouvements intempestifs du pied malgré la légèreté de la tige, le pied est bien maintenu et ne bouge pas. De même, la stabilité nous a semblé très bonne lors de cette sortie aux allures d'Urban trail sur les trottoirs de Paris.

En mouvement, la combinaison de la mousse et de la plaque fonctionne plutôt pas mal, même aux allures très cools de la sortie. La chaussure n'est évidemment pas flexible pour un sou - elle n'est pas conçue pour - , mais tant qu'on adopte une foulée médio-pied, cela "roule" bien, et la technologie Speedroll joue bien son rôle.

Le rebond de la semelle est saisissant, et surtout très progressif, en phase avec l'impulsion donnée par le coureur : on ne rebondit pas exagérément en footing cool, mais dès que l'on imprime un peu de rythme, ou sur des foulées bondissantes par exemple, le retour d'énergie est bluffant. Saucony annonce d'ailleurs "88% de retour d'énergie" pour sa semelle intermédiaire.

Le test terrain

Nous avons maintenant parcouru pas mal de kilomètres avec les Endorphin aux pieds, et pouvons donc nous forger un avis plus détaillé. On ne reviendra pas sur le coloris de lancement. Saucony en a tout de même sorti deux autres plus discrets, un noir et un blanc, mais qui conservent les inserts irisés et donnent donc une unité à la gamme Saucony (voir tous les tests).

Les Saucony Endorphin Pro 3, la semelle externe

Les premières bonnes impressions du run-test Presse se sont confirmées lors de notre essai. Le chaussant d'abord, malgré sa finesse et sa légèreté, ne souffre d'aucun manque de maintien. Pouvant sembler un peu serré de prime abord, les lacets permettent de bien ajuster le fit pour les coups de pied forts, et les quelques inserts jouent bien leur rôle de renfort. Le pied est tenu, sans excès de pression. On se pose quand même la question de sa durabilité vu sa finesse. Un des avantages des chaussures à plaque carbone et de leur absence de flexibilité, c'est que l'un des points traditionnels d'usure des mesh, à la flexion à la base des meta, est absent car… il n'y a que peu ou pas de flexion ici. Ça reste un point à surveiller.

L'avant pied est assez spacieux, large, mais semble plus court que sur d'autres modèles de la marque. Comme relevé lors du premier essai, il faudra peut-être prendre ½ pointure supplémentaire.

Les Saucony Endorphin Pro 3, profil extérieur

Une fois en mouvement, la chaussure est très agréable. On pourra être un peu déstabilisé par le moelleux de la mousse PWRUNPB: le pied s'enfonce dans la généreuse couche de mousse, et on sent clairement celle-ci la repousser. Une impression qui se confirme en courant: le rebond et le retour d'énergie sont très sensibles. C'est bien plus marqué que sur une Asics MetaSpeed Edge+, ou même qu'une adidas Adios Pro par exemple. Cela rend la chaussure très vivante, presque fun à courir : elle est stable, et on peut donc bénéficier de ce comportement à des allures raisonnables, dès l'endurance active.

La technologie Speedroll fonctionne très bien pour accompagner le pied, et ne dépend pas trop du type d'attaque. Medio pied ou avant pied, la chaussure déroule facilement et la combinaison avec la mousse donne une impression de propulsion assez gratifiante. L'Endorphin pro 3 est agréable. Forcément, en haussant le rythme, cette sensation de facilité et de propulsion est décuplée.

Les Saucony Endorphin Pro 3, la tige

Le déroulé du pied est rapide, l'Endorphin donne clairement envie d'accélérer, la sensation est grisante. L'amorti très généreux, moelleux, permet aussi d'encaisser les sorties longues sans trop souffrir musculairement, un des gros avantages de ces "super shoes", augmenter l'économie de course.

Nous émettons juste un bémol sur l'arrière, où elle pourra manquer de stabilité, la mousse étant peut-être un peu trop moelleuse pour assurer que le talon ne parte pas trop. Cela reste mieux que sur une Nike ZoomX Vaporfly V2 avec son talon très étroit, mais ce n'est pas encore la panacée. On notera l'efficacité des Kiprun KD 900 X sur ce point.

Le mesh de la Saucony Endorphin Pro 3

Enfin, côté accroche, rien à dire: la gomme XT900 présente sur la plupart des modèles route de Saucony a fait ses preuves et remplit parfaitement son office ici. Recouvrant largement la semelle, elle est gage d'adhérence sur route, même mouillée, et doit assurer une bonne durée de vie.

Conclusion

Cette Endorphin Pro 3 se place comme une des meilleures chaussures de compétition actuelle, parvenant à combiner l'efficacité, le confort, le rebond et la stabilité (sur toute la partie avant) en conservant un poids mesuré (230g en 45). Une concurrente sérieuse aux Nike Vaporfly et Adidas Adios Pro 2 entre lesquelles cette nouvelle Saucony se positionne.