Fenix 8 killer en beaucoup moins cher
Longtemps, le marché des montres d'aventure s'est résumé à une équation frustrante pour le passionné d'outdoor : accepter un boîtier en plastique grossier pour préserver son budget, ou débourser le prix d'un smartphone haut de gamme pour accéder aux matériaux nobles et à la cartographie des leaders historiques comme Garmin ou Suunto. Avec l'Amazfit T-Rex 3 Pro, cette époque semble révolue. J'ai passé plusieurs semaines avec ce concentré de technologie au poignet, et force est de constater que la fiche technique a de quoi faire trembler la hiérarchie établie : lunette en titane de qualité aérospatiale (Grade 5), verre saphir inrayable, écran AMOLED d'une luminosité violente de 3000 nits et certification de plongée jusqu'à 45 mètres... le tout pour un tarif qui reste deux fois inférieur aux standards du "Haut de Gamme". Mais au-delà des promesses sur papier glacé et de son armure rutilante, cette T-Rex 3 Pro est-elle vraiment l'outil ultime de l'athlète hybride, ou cache-t-elle des lacunes logicielles derrière ses muscles? Voici mon verdict sans concession après l'avoir confrontée au terrain.
📷 Le test détaillé de la Amazfit T-Rex 3 Pro. Rapport qualité/prix imbattable ! | Fenix 8 killer en beaucoup moins cher
La Amazfit T-Rex 3 Pro
L'industrie des montres connectées dédiées à l'aventure et aux environnements extrêmes, communément désignées sous le terme "rugged" (robuste), traverse actuellement une période de mutation technologique intense. Historiquement dominé par des écrans transflectifs MIP (Memory-In-Pixel) privilégiant l'autonomie brute au détriment de la qualité d'affichage, ce segment assiste à une transition inéluctable vers la technologie AMOLED. Dans ce contexte concurrentiel où s'affrontent des géants établis comme Garmin, Suunto et Coros, l'émergence de la série T-Rex d'Amazfit (Zepp Health) a initialement été perçue comme une alternative d'entrée de gamme. Cependant, avec le lancement de l'Amazfit T-Rex 3 Pro, le constructeur opère un virage stratégique majeur, tentant de briser le plafond de verre qui séparait les produits "budget" des montres GPS expertes.

Je livre ici une analyse technique détaillée, en disséquant chaque composant matériel et chaque couche logicielle de la T-Rex 3 Pro. Mon idée est surtout de réaliser un test critique, en mettant en lumière non seulement les spécifications brutes, mais aussi leurs implications fonctionnelles pour l'utilisateur final.
L'Évolution de la Gamme T-Rex et le positionnement "Pro"
La nomenclature Pro chez Amazfit n'est pas simplement cosmétique ; elle signale ici une rupture matérielle et fonctionnelle. Alors que la T-Rex 3 standard (lancée récemment) proposait déjà une base solide avec un écran AMOLED et une cartographie, la version Pro s'attaque aux critiques récurrentes concernant la perception de qualité perçue et la durabilité extrême. Le positionnement est clair : offrir une alternative viable à la Garmin Fenix 8 ou à la Suunto Race Titanium, mais à une fraction du coût.
L'intégration de la T-Rex 3 Pro dans le marché se fait par le haut, en ciblant spécifiquement les athlètes hybrides (via le partenariat Hyrox), les plongeurs récréatifs (via la certification EN13319) et les alpinistes exigeant une lisibilité solaire absolue (via les 3000 nits). Ce rapport explorera comment ces fonctionnalités ne sont pas simplement juxtaposées, mais intégrées dans un écosystème cohérent sous Zepp OS 5.

Ingénierie des matériaux et conception structurelle
La crédibilité d'une montre d'aventure repose avant tout sur sa capacité à survivre là où les montres connectées classiques échouent. L'analyse métallurgique et structurelle de la T-Rex 3 Pro révèle des choix d'ingénierie qui la distinguent nettement de la concurrence dans sa tranche tarifaire.
L'apport du titane grade 5
L'une des distinctions fondamentales de la version Pro par rapport au modèle standard réside dans l'utilisation d'un alliage de titane de Grade 5 pour la lunette (bezel) et les boutons, là où le modèle standard utilise de l'acier inoxydable 316L. Le titane Grade 5, techniquement connu sous le nom de Ti-6Al-4V (6% aluminium, 4% vanadium), est un alliage alpha-bêta traité thermiquement qui offre des propriétés mécaniques très spécifiques.
Contrairement au titane de Grade 2 souvent utilisé dans l'industrie horlogère pour des raisons de coût et de facilité d'usinage, le Grade 5 présente une résistance à la traction nettement supérieure (environ 1000 MPa contre 345 MPa pour le Grade 2). Cette résistance accrue permet de réduire l'épaisseur de la lunette tout en maintenant une intégrité structurelle capable d'absorber des impacts violents contre la roche ou l'équipement d'escalade. De plus, la densité du titane (4.5 g/cm³) étant près de moitié moindre que celle de l'acier inoxydable (7.9 g/cm³), l'utilisation de cet alliage contribue directement à la réduction de la masse inertielle au poignet. Pour un coureur de fond ou un athlète Hyrox effectuant des mouvements de bras répétitifs, cette réduction de poids (68.3g pour le boîtier 48mm sans bracelet) se traduit par une diminution de la fatigue musculaire périphérique sur la durée.

Un autre aspect critique du titane est sa résistance à la corrosion. Le titane forme spontanément une couche d'oxyde stable et adhérente (TiO2) au contact de l'oxygène, ce qui le rend passif et virtuellement immunisé contre la corrosion par l'eau de mer, la sueur acide ou les environnements chlorés. Cette propriété est fondamentale pour la certification de plongée de la montre, garantissant que les mécanismes des boutons et l'étanchéité du boîtier ne se dégraderont pas après des cycles répétés d'immersion en eau salée. Cependant, il convient de noter que si le titane est structurellement robuste, il n'est pas inrayable. La dureté de surface du titane non traité est inférieure à celle de l'acier trempé, ce qui peut conduire à des éraflures superficielles ("scratches") visibles sur la lunette après un usage intensif. L'absence de mention explicite d'un revêtement DLC (Diamond-Like Carbon) suggère que l'utilisateur devra accepter une certaine patine, bien que la finition brossée tende à masquer les micro-rayures mieux qu'une finition polie.
Le verre saphir
La protection de l'écran AMOLED est assurée par un verre saphir synthétique, remplaçant le Gorilla Glass du modèle standard. Le saphir (oxyde d'aluminium cristallin, Al2O3) possède une dureté de 9 sur l'échelle de Mohs, ce qui le rend théoriquement inrayable par tout matériau autre que le diamant ou le carbure de silicium. Dans un contexte outdoor, cela signifie que la montre peut frotter contre du granit, du sable ou des équipements métalliques sans que la lisibilité de l'écran ne soit compromise par des rayures.
Cependant, les propriétés optiques du saphir diffèrent de celles du verre minéral. Il possède un indice de réfraction plus élevé, ce qui peut générer davantage de reflets. Amazfit compense cela par la luminosité extrême de la dalle sous-jacente. Une observation technique importante concerne le traitement de surface : les rapports indiquent l'absence de revêtement anti-traces (oléophobe) sur le saphir. Si ce choix maximise la durabilité du revêtement (qui ne peut donc pas s'user), il implique une plus grande susceptibilité aux empreintes digitales, nécessitant un nettoyage fréquent pour maintenir la clarté visuelle optimale, particulièrement lors de l'utilisation de la navigation tactile.
Ergonomie différenciée : 44mm vs 48mm
Amazfit introduit une segmentation dimensionnelle stratégique avec deux tailles de boîtier : 48mm et 44mm.
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Le format 48mm (écran 1.5 pouce) s'inscrit dans la lignée des montres d'expédition traditionnelles. Son volume important permet d'intégrer une batterie de 700 mAh, maximisant l'autonomie pour les ultra-endurances. La largeur du bracelet de 22mm assure une stabilité sur les poignets larges, mais peut s'avérer encombrante sous des vêtements techniques ajustés ou lors du sommeil.
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Le format 44mm (écran 1.32 pouce) représente une réponse aux demandes d'une clientèle recherchant la performance technique sans l'encombrement massif. Avec un poids réduit et un bracelet de 20mm, ce modèle conserve l'intégralité des matériaux (Titane/Saphir) et des capteurs, ne sacrifiant que la capacité de la batterie (500 mAh) et la surface d'affichage.
Cette dualité permet à la T-Rex 3 Pro de couvrir un spectre morphologique plus large, incluant les poignets féminins ou fins, un segment souvent négligé par les concurrents qui réservent leurs versions "S" (Small) à des matériaux inférieurs ou des fonctionnalités bridées.
Certifications environnementales : au-delà du marketing
La montre affiche une conformité aux normes militaires MIL-STD-810G, impliquant une résistance aux chocs thermiques (-30°C à +70°C), à l'humidité, aux vibrations balistiques et au brouillard salin. Plus critique encore est la certification de plongée EN13319. Contrairement à une simple résistance à l'eau de 10 ATM (pression statique), la norme EN13319 est un standard d'ingénierie spécifique aux accessoires de plongée (profondimètres). Elle garantit non seulement l'étanchéité, mais aussi la précision de la mesure de profondeur, la lisibilité sous l'eau, la résistance des boutons à la pression et la fiabilité du bracelet. Cette certification positionne la T-Rex 3 Pro comme un véritable instrument de sécurité (backup) pour la plongée jusqu'à 45 mètres, et non plus comme un simple gadget "water-resistant".
Technologie d'affichage et interface visuelle

L'écran est l'interface critique par laquelle l'utilisateur interagit avec les données complexes de navigation et de physiologie. Le choix de l'AMOLED sur une montre de ce type a longtemps été débattu, mais la T-Rex 3 Pro semble clore le débat par la force brute de ses spécifications lumineuses.
La révolution des 3000 Nits
La caractéristique phare de l'affichage est sa luminosité maximale théorique de 3000 nits. Pour contextualiser, la plupart des smartphones haut de gamme plafonnent entre 1500 et 2000 nits, et les montres concurrentes comme la Fenix 8 tournent autour de 1000 à 2000 nits. Cette intensité lumineuse n'est pas un gadget : elle est une réponse technique au problème de la "lisibilité en plein soleil" qui constituait le dernier bastion des écrans MIP transflectifs. En haute altitude, sur un glacier ou dans un désert, la lumière ambiante peut dépasser 100 000 lux. À ce niveau, un écran de 1000 nits apparaît terne et difficile à lire. Avec 3000 nits, la T-Rex 3 Pro assure que les détails topographiques d'une carte ou les zones de fréquence cardiaque restent instantanément lisibles sans que l'utilisateur n'ait à créer de l'ombre avec sa main ou à casser sa foulée.
Il est crucial de noter que cette luminosité de 3000 nits est probablement atteinte en "pic local" (sur une petite portion de l'écran) ou pour des durées limitées pour éviter la surchauffe et la dégradation de la batterie, la luminosité plein écran se situant davantage autour de 2000-2200 nits, ce qui reste exceptionnel. Le capteur de lumière ambiante ajuste dynamiquement cette intensité pour optimiser la consommation énergétique.
Résolution et finesse de l'écran
La résolution de 480 x 480 pixels sur le modèle 48mm (densité ~326 PPI) et de 466 x 466 pixels sur le 44mm offre une finesse d'affichage bien supérieure aux standards précédents. Cette densité de pixels a un impact direct sur l'utilité de la cartographie : elle permet d'afficher des courbes de niveau fines, des noms de sentiers lisibles et des icônes de POI distinctes sans l'effet de pixelisation grossière souvent observé sur les écrans à basse résolution. L'interface utilisateur de Zepp OS 5 tire parti de cette résolution pour proposer des graphiques vectoriels nets et des animations fluides qui améliorent l'interprétation rapide des données de santé.
Mode "Always-On" et gestion de l'énergie
L'inconvénient majeur de l'AMOLED est sa consommation d'énergie lorsqu'il est actif. Le mode "Always-On Display" (AOD) de la T-Rex 3 Pro permet de garder l'heure et les données critiques affichées en permanence. Cependant, l'analyse des retours utilisateurs montre que l'activation de l'AOD divise l'autonomie par un facteur de trois environ (passant de ~25 jours à ~7-9 jours). Amazfit utilise probablement la technologie LTPO (Low-Temperature Polycrystalline Oxide) ou une gestion logicielle agressive du taux de rafraîchissement (descendant à 1Hz en veille) pour atténuer cet impact. Pour les expéditions longues, la désactivation de l'AOD et l'utilisation du geste "lever pour réveiller" (Lift-to-wake), dont la réactivité a été critiquée par certains comme étant parfois lente , reste la stratégie optimale.
4. Architecture matérielle et écosystème de capteurs
Sous le capot, la T-Rex 3 Pro embarque une suite de capteurs et de processeurs qui définissent ses capacités de suivi.
Le processeur et la plateforme Zepp OS
La montre est propulsée par le processeur Huangshan 3 (ou une variante optimisée), qui offre une performance énergétique accrue et une fluidité d'interface notable. Contrairement aux montres sous Wear OS qui nécessitent des processeurs puissants et énergivores, l'architecture de la T-Rex 3 Pro est conçue autour d'un système d'exploitation temps réel (RTOS) léger : Zepp OS 5. Cette combinaison permet une réactivité quasi-instantanée des menus et le lancement rapide des applications, tout en maintenant une enveloppe thermique et énergétique basse.
BioTracker™ 6.0 : précision biométrique

Le cœur du suivi de santé est le capteur optique BioTracker™ 6.0 PPG. Cette sixième génération utilise une configuration complexe de LEDs (incluant probablement des longueurs d'onde vertes pour le rythme cardiaque et rouges/infrarouges pour l'oxygène) et de photodiodes multiples (5PD).
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Mécanisme de réduction de bruit : L'augmentation du nombre de photodiodes permet de capturer plus de lumière réfléchie par les capillaires sanguins et de mieux différencier le signal utile du "bruit" généré par les mouvements du bras (artefacts de mouvement), un problème classique en course à pied ou en CrossFit.
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SpO2 et Stress : Le capteur mesure en continu la saturation en oxygène (SpO2), une donnée vitale pour l'acclimatation en altitude (détection de l'hypoxie) et pour l'analyse du sommeil (apnée). Il permet également le calcul de la Variabilité de Fréquence Cardiaque (VFC/HRV), qui sert de base au nouvel algorithme BioCharge.
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Limites physiques : Malgré ces avancées, la technologie optique reste limitée lors d'exercices à très fortes variations d'intensité (sprints courts) ou en natation (eau perturbant le signal lumineux). La montre supporte donc la connexion aux ceintures cardiaques Bluetooth externes pour les utilisateurs exigeant une précision ECG.
Connectivité et audio
La T-Rex 3 Pro intègre un haut-parleur et un microphone, une fonctionnalité souvent absente des montres purement "outdoor".
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Usage tactique : Au-delà des appels Bluetooth (gadget en montagne mais utile en ville), le micro permet l'interaction avec l'assistant vocal Zepp Flow, tandis que le haut-parleur peut diffuser des alertes de navigation vocales ou des alarmes sonores audibles même sous une veste.
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Protocoles : La connectivité inclut le Bluetooth 5.2 BLE pour les capteurs et le téléphone, ainsi que le Wi-Fi (2.4 GHz) pour le transfert rapide de cartes et de musique. La compatibilité avec les capteurs de puissance cycliste et les capteurs de vitesse/cadence a été ajoutée via mise à jour, renforçant sa polyvalence triathlon.
Navigation avancée et positionnement via GNSS
La précision de la trace et la fiabilité de la navigation sont les juges de paix pour une montre d'aventure.
Système GNSS double Bande et antenne polarisée
La T-Rex 3 Pro utilise un chipset GNSS (Global Navigation Satellite System) double bande, capable de recevoir simultanément les signaux L1 et L5 des constellations GPS, Galileo, GLONASS, BeiDou, QZSS et autres.
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Correction des erreurs multipath : La fréquence L5, plus robuste, permet de mieux traverser la canopée dense et de distinguer le signal direct des signaux réfléchis par les parois rocheuses ou les immeubles. C'est la solution technique au problème des "canyons urbains" ou naturels.
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Antenne à polarisation circulaire : Amazfit intègre une antenne spécifiquement conçue pour capter les signaux satellitaires (qui sont polarisés circulairement) avec une efficacité maximale, quelle que soit l'orientation de la montre au poignet. Les tests terrain rapportent une précision de trace rivalisant avec les leaders du marché, maintenant le verrouillage ("lock") même dans des conditions difficiles.

Cartographie hors-ligne et navigation
La fonctionnalité de cartographie hors ligne a été considérablement améliorée sur la version Pro.
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Écosystème de cartes : L'utilisateur doit télécharger les zones géographiques via Wi-Fi. Les cartes incluent les données topographiques (courbes de niveau), les routes et les sentiers. La version Pro ajoute une meilleure visibilité des réseaux routiers et un contraste amélioré pour une lecture rapide.
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Navigation Turn-by-Turn : La montre supporte le guidage virage par virage sur des itinéraires importés (GPX). Une critique notable concerne la sensibilité parfois excessive des alertes de virage sur les sentiers sinueux, pouvant saturer l'utilisateur de notifications.
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Limitations de la navigation : Contrairement aux modèles Garmin haut de gamme qui possèdent un moteur de routage interne capable de générer un itinéraire "A vers B" en suivant les chemins de manière autonome, la T-Rex 3 Pro repose principalement sur le suivi de traces pré-calculées ou importées. Cependant, elle dispose de fonctions de re-routage automatique si l'on s'écarte de la trace et d'un retour au départ intelligent. La gestion des Points d'Intérêt (POI) a été enrichie, permettant de visualiser les distances restantes jusqu'aux prochains points d'eau ou cols.
Outils de navigation complémentaires
Le compas magnétique, l'altimètre barométrique et le baromètre fonctionnent de concert pour fournir une orientation précise. L'altimètre barométrique, recalibré par le GPS, offre une précision verticale supérieure au GPS seul. Les fonctions d'alerte d'orage (basées sur la chute de pression) et d'assistance d'altitude (mesure de la SpO2 automatique en fonction de l'élévation) complètent le tableau pour l'alpinisme.
Algorithmes de santé et la métrique BioCharge
Avec Zepp OS 5, Amazfit introduit une nouvelle approche holistique de la gestion de l'énergie corporelle, baptisée BioCharge, qui vise à dépasser les métriques statiques traditionnelles.
BioCharge vs préparation (readiness)
Jusqu'à présent, la métrique dominante était le score de "Readiness" (Préparation), calculé le matin au réveil. Le BioCharge introduit une dynamique temporelle.
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Mécanisme dynamique : Le BioCharge est un score sur 100 qui évolue tout au long de la journée. Il se recharge via le sommeil nocturne et les siestes, et se décharge en fonction de l'activité physique, du stress physiologique (détecté par la VFC) et de l'activité quotidienne.
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Avantage stratégique : Cette métrique permet une régulation de l'effort intra-journalière. Par exemple, un athlète peut voir son BioCharge remonter après une sieste de 20 minutes, validant physiologiquement la récupération et l'autorisant à entreprendre une séance d'entraînement en soirée. C'est une réponse directe au "Body Battery" de Garmin, offrant une granularité que le simple score de "Readiness" ne permettait pas.
Analyse du sommeil et VFC
Le suivi du sommeil d'Amazfit est reconnu pour sa fiabilité dans la détection des phases (Léger, Profond, Paradoxal/REM). L'algorithme analyse également la qualité de la respiration pour détecter les risques d'hypopnée. La mesure de la Variabilité de Fréquence Cardiaque (VFC) durant la nuit sert de thermomètre global du système nerveux autonome : une VFC basse signalant un stress ou une maladie, une VFC haute indiquant une bonne récupération parasympathique. Ces données brutes sont la "nourriture" de l'algorithme BioCharge.
Écosystème sportif spécialisé : Hyrox, plongée et plus
La T-Rex 3 Pro se distingue par l'intégration de modes sportifs qui ne sont pas de simples chronomètres labellisés, mais des logiciels dédiés avec des métriques spécifiques.
Le partenariat Hyrox et le mode race
Hyrox est une compétition de fitness hybride combinant 8km de course et 8 ateliers fonctionnels. Amazfit, en tant que partenaire officiel, a développé un mode unique.
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PFT et race mode : La montre inclut le protocole de test physique officiel (PFT) pour évaluer sa condition physique spécifique Hyrox. En mode course, elle permet de suivre intelligemment les segments de course, les temps passés dans la "Roxzone" (zone de transition) et les performances sur chaque station (SkiErg, Sled Push, Wall Balls, etc.).
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Granularité des données : Pour les athlètes de ce sport, c'est une révolution. Les montres concurrentes obligent souvent à utiliser un mode "Cardio" générique qui mélange tout. Ici, l'athlète peut analyser post-course qu'il a perdu trop de temps sur les transitions ou que son rythme cardiaque a explosé spécifiquement sur les fentes (Lunges).
Certification plongée et algorithme Bühlmann
L'intégration de la plongée sous-marine récréative est un atout majeur face à la concurrence qui limite souvent ses montres outdoor à l'apnée ou à la natation.
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Algorithme Bühlmann ZHL-16c : Amazfit utilise cet algorithme de décompression standard de l'industrie. Il modélise la saturation en azote de 16 tissus corporels théoriques pour calculer la limite de non-décompression (NDL) et les paliers de sécurité.
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Sécurité et alertes : La montre fournit des alertes haptiques et sonores pour la vitesse de remontée excessive, les paliers obligatoires et la profondeur maximale. Bien qu'elle ne remplace pas un ordinateur de plongée technique dédié pour des plongées complexes, elle est parfaitement dimensionnée pour le plongeur loisir (PADI Open Water/Advanced) qui souhaite un ordinateur de poignet quotidien.
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Apnée (freediving) : Le mode apnée offre des écrans à fort contraste et des taux de rafraîchissement élevés pour la profondeur, essentiels pour la sécurité en apnée dynamique ou en poids constant.
Course, trail et puissance
Pour les coureurs, la T-Rex 3 Pro offre des métriques avancées comme la puissance de course au poignet (sans pod), l'oscillation verticale et le temps de contact au sol.
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Zepp Coach™ : Ce système d'entraînement AI génère des plans évolutifs (5K au Marathon) qui s'adaptent si vous manquez une séance ou si votre récupération (BioCharge) est insuffisante. C'est une démocratisation du coaching numérique.
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Track Run Mode : Un algorithme spécifique qui "clippe" la trace GPS au couloir de la piste d'athlétisme (400m), garantissant une précision d'allure et de distance que le GPS brut ne peut atteindre sur des virages serrés.
Musculation et rucking
Le mode musculation détecte automatiquement les exercices et compte les répétitions, générant une "carte de chaleur" musculaire dans l'application. Le nouveau mode "Rucking" (marche avec sac lesté) permet d'entrer le poids du sac pour un calcul calorique réaliste, répondant à une tendance forte du fitness fonctionnel.
L'Expérience logicielle Zepp OS 5

Zepp OS 5 représente une maturation significative de la plateforme logicielle d'Amazfit.
Fluidité et interface
L'interface a été optimisée pour l'écran 60Hz, offrant des transitions fluides et des réponses tactiles immédiates. Le centre de contrôle, les cartes de widgets et les notifications sont personnalisables. La gestion des notifications est complète sur Android (avec réponses prédéfinies ou clavier), mais reste limitée à la lecture sur iOS en raison des restrictions d'Apple.
Zepp Flow™ et l'IA vocale
L'assistant Zepp Flow, basé sur un Grand Modèle de Langage (LLM), permet une interaction naturelle. Au lieu de commandes rigides ("Régler minuteur 5 minutes"), l'utilisateur peut dire "Réveille-moi dans 20 minutes" ou "Comment était mon sommeil?". Cette interaction vocale prend tout son sens lorsque les mains sont occupées (escalade, vélo) ou gantées.
Confidentialité et écosystème Tiers
Zepp Health permet la synchronisation native avec Strava, adidas Running, Komoot, Google Fit et Apple Health, assurant que l'utilisateur n'est pas enfermé dans un silo de données. La politique de confidentialité des données, un sujet sensible pour les marques chinoises, est conforme au RGPD en Europe, avec des serveurs localisés (souvent en Allemagne pour les utilisateurs UE).
Analyse de l'autonomie et de la gestion énergétique
L'autonomie reste l'argument de vente numéro un de la série T-Rex.
Performances réelles vs théoriques
| Scénario d'Usage | Modèle 48mm (700 mAh) | Modèle 44mm (500 mAh) | Commentaire |
| Usage Typique | Jusqu'à 25-27 jours | Jusqu'à 17-19 jours | Inclut le suivi cardiaque, sommeil, notifications et quelques heures de GPS/semaine. Exceptionnel pour de l'AMOLED. |
| Usage Intensif | ~10-13 jours | ~7-9 jours | Avec surveillance stress/SpO2 continue, beaucoup de notifications et 1h de sport/jour. |
| Mode AOD (Always-On) | ~7-9 jours | ~5-6 jours | L'écran allumé est le plus gros consommateur. Reste supérieur à une Apple Watch Ultra (2-3 jours). |
| GPS Précision Max | ~37-42 heures | ~29 heures | Dual-band actif. Suffisant pour couvrir la plupart des ultra-trails de 100 miles (pour les élites) sans recharge. |
| GPS Éco (Long Battery) | Jusqu'à 114-180h | ~80h+ | Dégrade la précision (points moins fréquents, bande unique) pour les expéditions de plusieurs semaines. |
La différence de capacité batterie entre le 44mm et le 48mm est significative. Le modèle 44mm, bien que performant, demande une gestion plus rigoureuse de l'énergie pour les sorties longues, tandis que le 48mm offre une marge de confort luxueuse. La recharge complète prend environ 2 heures via le socle magnétique propriétaire.
Analyse comparative / concurrence
T-Rex 3 Pro vs Garmin Fenix 8 (AMOLED)
La Fenix 8 reste la référence absolue en termes de profondeur d'analyse de données (Training Readiness, Hill Score, Endurance Score) et de cartographie (routage autonome réel). Cependant, elle coûte entre 2 et 3 fois plus cher. La T-Rex 3 Pro offre 90% des fonctionnalités matérielles (voire mieux sur l'autonomie et la plongée 45m vs 40m sur certaines versions Garmin) pour un prix fractionnaire. Le choix se résume à : avez-vous besoin de l'écosystème Garmin ultra-poussé ou cherchez-vous le meilleur rapport qualité/prix?
T-Rex 3 Pro vs Suunto Race
La Suunto Race offre un design magnifique (molette digitale) et une excellente cartographie. La T-Rex 3 Pro réplique avec une robustesse supérieure (Certification militaire + Plongée) et des fonctions intelligentes (Micro/HP, Zepp Flow) que la Suunto, plus puriste, n'a pas. Le match est serré, mais la T-Rex l'emporte sur la polyvalence "Smart".
T-Rex 3 Pro vs T-Rex 3 Standard
La version Pro justifie son surcoût par le titane (poids/confort), le saphir (durabilité écran), les fonctions de plongée débloquées et les améliorations cartographiques. Pour un usage urbain ou fitness simple, la standard suffit. Pour l'outdoor engagé, la Pro est un investissement de sécurité et de durabilité.
Ce que je pense de la T-Rex 3 Pro, mon avis

Il y a encore quelques années, choisir une montre d'aventure "abordable" revenait à accepter une liste de compromis aussi longue qu'un jour sans pain : boîtier en plastique grossier, écran terne, GPS hésitant et absence totale de cartographie. Si vous vouliez du titane, du saphir et une fiabilité à toute épreuve pour vos expéditions, le ticket d'entrée chez Garmin ou Suunto frisait, voire dépassait, les 800 euros.
Avec la T-Rex 3 Pro, Amazfit (Zepp Health) ne se contente pas de bousculer cet ordre établi ; la marque tente de le renverser. J'ai passé plusieurs semaines avec ce bloc de technologie au poignet, et la fiche technique a de quoi faire sourciller la concurrence : lunette en titane de qualité aérospatiale (Grade 5), écran AMOLED d'une luminosité aveuglante de 3000 nits, cartographie hors-ligne, et même une certification de plongée jusqu'à 45 mètres. Le tout, pour un tarif qui reste deux fois inférieur aux modèles "Pro" des leaders historiques.
Mais au-delà des spécifications sur papier glacé, que vaut réellement la T-Rex 3 Pro quand on la confronte à la boue, à la roche et à l'épuisement? Est-elle l'outil ultime pour l'athlète hybride et l'aventurier moderne, ou cache-t-elle des lacunes logicielles derrière son armure rutilante? Voici mon verdict complet après un test intensif en conditions réelles.
Design et robustesse : le Titane
Dès la sortie de la boîte, la sensation est différente des modèles précédents. Le plastique polymère dur est toujours là pour le corps, mais la lunette en Titane Grade 5 change la donne. Au toucher, c'est froid, premium, sérieux. J'ai testé la version 48mm. Avec ses 68g, elle se fait oublier bien plus vite qu'une Fenix 7X en acier. Le bracelet en silicone est souple, strié pour évacuer la sueur, et ne tire pas les poils.
J'ai volontairement frotté la montre contre des parois calcaires lors d'une sortie d'escalade. Résultat? La roche a laissé des traces de poudre blanche sur la lunette, mais un coup de chiffon humide a révélé que le titane et le verre saphir étaient intacts. C'est du solide. Seul bémol : l'écran marque très vite les empreintes de doigts, un détail agaçant quand on veut lire une carte rapidement.
L'écran : une lampe torche au Poignet
Parlons de cet écran. 3000 nits, c'est violent. En plein midi, sous un soleil de plomb, la carte topographique reste aussi lisible qu'un livre papier. C'est là que l'AMOLED enterre définitivement les écrans transflectifs (MIP) d'antan. La nuit, le mode "Red Shift" (écran rouge) préserve la vision nocturne, mais j'ai souvent utilisé la lampe torche LED intégrée sur la tranche supérieure. Ce n'est pas un gadget : pour chercher ses clés dans le sac ou éclairer le sentier lors d'une pause pipi nocturne en bivouac, c'est génialement pratique.
Sur le terrain : navigation et GPS
C'est le nerf de la guerre. J'ai chargé un fichier GPX d'une randonnée de 25km. Le fix GPS (en mode double bande) est quasi instantané. La précision de la trace est bluffante, même en sous-bois dense, rivalisant avec ma ma Suunto Race 2.
La cartographie est belle, fluide, et les courbes de niveau sont bien visibles grâce à la haute résolution. Cependant, tout n'est pas parfait. Le guidage "Turn-by-turn" est parfois trop zélé. Sur un sentier en lacets, la montre vibre toutes les 30 secondes pour annoncer un "virage léger", ce qui finit par être un peu chiant. De plus, n'espérez pas demander à la montre de vous calculer un itinéraire de retour complexe sans connexion téléphone : elle sait vous ramener au départ en ligne droite ou en suivant votre trace inverse, mais elle ne "connaît" pas les chemins comme un GPS de voiture.

Sport et physiologie : plus qu'un simple tracker
Je n'ai pas testé le mode Hyrox. Pouvoir segmenter ses temps entre la course et les stations (Wall Balls, Sled Push) est un atout majeur pour les compétiteurs de cette discipline. La montre comprend ce que vous faites.
Autre nouveauté : le BioCharge. Contrairement au score de "Préparation" qui est figé le matin, le BioCharge vit avec vous. Après une séance intense le matin, mon score a chuté à 30. Une sieste de 20 minutes l'a fait remonter à 45, me signalant que j'avais récupéré un peu de "jus" pour la soirée. C'est intuitif et plus utile pour gérer sa journée.
Vie quotidienne et Zepp OS 5
L'interface est fluide, ça glisse sous le doigt. Les notifications arrivent vite (trop vite parfois, il faut faire le tri). Le micro permet de répondre aux appels (le haut-parleur est correct, sans plus) et surtout de commander l'assistant Zepp Flow. Lui dire "Lance une course de 10km" marche bien, même si je préfère encore appuyer sur les boutons physiques avec des gants.
Autonomie sur le terrain
Amazfit annonce 25 jours. Dans la vraie vie, avec l'écran Always-On activé (je veux voir l'heure sans bouger le poignet), beaucoup de notifications et 1h de GPS par jour, j'ai tenu 9 jours complets. C'est excellent pour de l'AMOLED, je crois bien au-dessus d'une Apple Watch Ultra qui peine à finir le week-end. On est évidemment loin du mois entier comme avec une Garmin Enduro. Au pire, désactivez l'écran permanent.
Ce que j'aime
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Le rapport Qualité/Prix : C'est vraiment excellent. Offrir du titane, du saphir et une telle autonomie pour moins de 400€ redéfinit les standards du marché.
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L'écran : La luminosité de 3000 nits est particulièrement confortable, et ça rend l'écran parfaitement lisible même en plein soleil.
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L'Utilité quotidienne : La lampe torche LED intégrée, souvent perçue comme un gadget avant essai, est qualifiée de "Game Changer" par de nombreux testeurs pour les sorties nocturnes ou le camping.
Ce que j'aime moins
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Navigation verbeuse : je trouve que la navigation turn-by-turn peut être trop intrusive, envoyant des alertes vibrantes à chaque virage mineur sur un sentier sinueux, ce qui peut saturer l'attention de l'utilisateur. Pensez également à désactiver les infos sonores pendant les sorties. Ça indique vraiment le profil fitness historique de la marque, et ça peut clairement énerver un traileur.
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Bugs de jeunesse : je ne passe pas mon temps à faire des mises à jour logicielles, je considère qu'une montre doit tre fonctionnelle dès l'âchat, et les quelques bugs et inconsistances tendent à m'énerver, comme quelques plantages occasionnels lors de l'utilisation intensive de la cartographie.
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Traces de doigts : C'est vraiment un détail, mais quand même. L'absence de revêtement oléophobe sur le verre saphir a tendance à laisser apparaitre les empreintes digitales. Détail certes.
Verdict

La T-Rex 3 Pro est-elle une "Fenix Killer"? Presque. Sur le plan matériel, elle fait jeu égal. Sur le plan logiciel, Garmin garde une avance sur la profondeur des analyses et la cartographie "intelligente". Mais la question est ailleurs : la T-Rex 3 Pro coûte 399€. À ce prix, elle offre 95% des fonctionnalités d'une montre à 1000€.
Pour l'aventurier pragmatique, le randonneur, le plongeur loisir ou le coureur qui veut du titane et de la carto sans vendre un rein, c'est, à l'heure actuelle, le meilleur rapport qualité-prix du marché. Une réussite impressionnante qui mérite amplement son badge "Pro".
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