Le test des Hoka Torrent 5 : plus de stack, moins de malice ?

Une SpeedGoat plus accessible ?

Est-ce que vous la reconnaissez ? Pas évident sans le nom écrit en gros sur le côté, le design est assez épuré, presque discret. C’est la Hoka Torrent 5, cinquième édition d’un modèle que je suis depuis ses débuts (j'ai couru l'UTMB 2028 avec, je crois) et que la marque met finalement assez peu en avant. Et c’est justement pour ça qu’elle m’intéresse. Voici mon test des Hoka Torrent 5.

📷 Le test des Hoka Torrent 5 : plus de stack, moins de malice ? | Une SpeedGoat plus accessible ?

Caractéristiques Hoka Torrent

  • Drop 5mm
  • Talon 33mm
  • Méta 28mm
  • Poids 252g
  • Prix catalogue 140€
  • Mousse EVA

Usage: La Hoka Torrent, c'est plutôt pour les distances moyennes, sur terrains secs ou bien pas trop gras. Chaussure polyvalente à tendance rapide.
Points forts: Dynamique, précision, confort, prix contenu
Points faibles: Accroche sur sol dur et humide
Note: 4.25/5

Comparateur de prix Journal du Trail

Je teste quasiment toutes les chaussures de trail qui sortent, et franchement c’est difficile de rester insensible aux sirènes du marketing. Les chaussures à 350€ avec des technologies de malade, du Vibram, du Vibram Litebase, des tiges quasi indestructibles, des plaques carbone, des mousses dernier cri… tout ça coûte cher, très cher. Alors quand on prend en main un modèle plus discret comme cette Torrent affichée à 145€, on se dit que c’est quand même bcp moins cher. D’autant plus qu’il y a toujours les soldes, ou les promos au moment où la nouvelle version sort (la Torrent 4 doit d’ailleurs être très accessible en ce moment). Et on se dit que les produits à ce prix-là ont peut-être aussi des choses à raconter.

Premier point : elle n’est pas moche. Vous savez que j’aime bien les produits pour leur style aussi. Certains considèrent que ça n’a aucune importance, mais je pense que c’est faux, mm chez eux. Quand je choisis une chemise ou une paire de chaussures de ville, le style compte, et en sport c’est pareil. Cette Torrent 5 toute blanche, assez épurée, je la trouve plutôt sympa, voire élégante (dommage de la salir, mais bon, c’est le jeu).

JDT, les Hoka Torrent 5. Vue de profil

Ensuite, il y a l’historique. J’ai couru avec quasiment toutes les versions. La Torrent première du nom, je l’avais aux pieds pour l’UTMB 2018 (j’ai bâché à Champex, mais c’est une autre histoire), à une époque où je courais avec des chaussures très fines. La tige de la mienne a d’ailleurs bien morflé, c’était une maille toute simple et assez fragile. Je l’ai rechaussée pour rigoler : ça tapait ! Il fallait avoir du mollet pour partir sur un ultra avec ça, ce que je ne ferais plus aujourd’hui. Plus tard, j’ai couru le marathon du Larzac il y a deux ans avec la Torrent 3 (ou la 4, les deux étaient très proches), et pas mal de sorties d’entraînement. J’étais très fan de la Torrent 4. Autant vous dire que j’attendais cette V5 avec qq espoirs…

La Torrent 5 dans la gamme trail Hoka

Chez Hoka, les rôles sont bien répartis. Pour l’amorti et les grosses semelles, on a la SpeedGoat 7, la Mafate 5, la Mafate X ou la Stinson 8 (que je teste en parallèle et qui se situe quasiment à l’opposé dans la gamme). La Challenger 8 joue la polyvalence route-chemin, la Tecton X 4 la performance à plaque carbone, et la Zinal 3 la chaussure racée pour les formats courts.

Le test terrain de la Hoka Zinal 3 : racée et pragmatique

Le test complet des Hoka SpeedGoat 7 ! Bien meilleures

Historiquement, la Torrent se positionnait entre la Challenger et la SpeedGoat, après avoir remplacé la Speed Instinct. C’était pour moi la chaussure légère, précise, proche du sol, pas chère, avec des crampons quand mm bien présents. Un peu dans l’esprit d’une Asics FujiLite, d’une Brooks Cata

JDT, les Hoka Torrent 5. Vue 3 quarts avant

mount ou d’une Salomon Pulsar de base : des chaussures qui ne font pas rêver sur le papier mais qui sont au final très efficaces, avec un excellent rapport qualité-prix.

Et c’est là que ça coince un peu. Avec cette V5, la Torrent monte en amorti et se décale dans la gamme. Elle ressemble presque à une SpeedGoat au rabais, au sens où on n’a pas de Vibram et où la tige est plus classique, sans doute moins durable. J’aime bien quand les gammes sont bien étagées, parce qu’on peut avoir envie d’une chaussure plus racée qu’une Challenger ou qu’une Stinson sans exploser son budget. Est-ce que ça annonce l’arrivée d’une nouvelle chaussure plus légère en entrée de gamme ? Ou est-ce que Hoka pousse simplement les gens à se rabattre sur la Zinal ? Faut voir…

Les caractéristiques techniques des Hoka Torrent 5

JDT, les Hoka Torrent 5. Vue 3 quarts arrière

Sur la balance, je l’ai pesée à 273g, contre 252g pour la Torrent 4. C’est correct, mais ça aurait pu être mieux si Hoka n’avait pas décidé de la surélever. Car c’est la grosse évolution de ce modèle : quand on regarde les deux versions de profil, l’une a clairement pris du stack, et pas simplement pour l’effet visuel. La marque communique assez peu sur les chiffres, mais elle annonce au moins que la chaussure a pris 5mm. Là où la Torrent 4 tournait autour de 30mm au talon, la V5 doit donc approcher les 35mm, avec un drop qui reste à 5mm.

JDT, les Hoka Torrent 5. la semelle externe

Le prix public passe à 145€, soit 5€ de plus que la Torrent 4. Dans une gamme trail où le milieu de gamme est calé autour de 160€ (SpeedGoat 7 à 165€, Zinal 3 à 160€), c’est un tarif plutôt correct.

La semelle intermédiaire reste en EVA, une mousse un peu old school maintenant que bcp de concurrents passent au TPU expansé ou au PEBA. On est un petit peu déçu, mais sans exagérer : souvent ça fonctionne assez bien, et c’est aussi ce qui permet de tenir le prix. Sous le pied, on retrouve une semelle maison sans Vibram, avec des crampons de 5mm. Visuellement, j’ai l’impression qu’ils sont un poil plus présents que sur la V4, avec un dessin assez étroit.

JDT, les Hoka Torrent 5. Zoom sur la tige

Côté tige, on a un mesh classique et assez fin, une languette tout aussi classique avec un petit rappel sur les côtés (pas très large, mais qui recouvre quand mm le pied à la base du laçage). Les lacets sont plats et il n’y a toujours pas de passant pour les ranger. Des détails qui jouent sans doute sur le prix.

Premières sensations au chaussant

JDT, les Hoka Torrent 5. Présentation chaussures

La taille est normale, ya pas de pb de ce côté-là. La tige remonte bien, juste sous la malléole, et le talon est ferme, très ferme mm par rapport à la concurrence. Ça vient sans doute de la mousse. Le fit est un peu marqué, on va dire relativement ajusté : si vous avez les pieds larges, faudra essayer avant. Il faut dire aussi que je sors du test des Stinson, et le contraste est saisissant.

JDT, les Hoka Torrent 5. Présentation de 3/4

Le pied est bien calé dans la chaussure, et la cheville est bien tenue. Je sais que bcp de coureurs aiment ça. Moi un peu moins : je suis pas fan d’une cheville trop fixée, j’aime avoir un peu de liberté à l’arrière. Difficile de dire pour l’instant ce que ça donnera dans la durée.

Le test terrain

Confort de course. La chaussure est confortable, c’est indéniable. La semelle est épaisse mais assez ferme, pas moelleuse, et pourtant ça amortit bien. On sent la différence de stack dès les premières foulées : la protection sous le pied est nettement plus présente que sur la Torrent 4.

JDT, les Hoka Torrent 5. Le test de la Torrent 5, vue extérieure

Efficacité sur le terrain. L’ensemble est plutôt sécurisant. Le pied est bien tenu, la semelle épaisse filtre bien les irrégularités, et la fermeté de la mousse évite l’effet d’enfoncement qu’on peut avoir sur des modèles plus mous. Si c’était une SpeedGoat, je crois que je l’aurais validée sans trop hésiter. Mais là c’est une Torrent, et pour moi une Torrent ça doit être plus légère, plus joueuse, avec moins de semelle.

Sensations dynamiques. C’est là que je ne retrouve pas la chaussure. J’ai fait mon petit comparatif comme dab, avec la Torrent 4 aux pieds juste après (au passage, petite rencontre avec un ballot de laine de mouton en sortant du parc, très gras et qui sent très fort… rien à voir avec le test, mais c’était rigolo). Le verdict est clair : la V5 est plus épaisse, plus massive en sensations, avec un maintien plus ferme sur l’arrière. La Torrent 4 était plus basse, plus fine, avec un chaussant plus ample et surtout plus de latitude au niveau de la cheville. Elle était plus véloce, plus souple. La V5 aurait presque pu porter un autre nom.

JDT, les Hoka Torrent 5. Le test de la Torrent 5, zoom avant

Accroche. Peu de changement sur ce point, et c’est tant mieux. Les crampons de 5mm sont efficaces par leur forme et leur dessin, et mm si on n’a pas de Vibram, la semelle reste bien cramponnée. Pour une chaussure à ce prix, c’est un vrai argument.

Usage type. La Torrent 5 vise désormais les coureurs qui cherchent une chaussure stable, plutôt amortie mais pas trop moelleuse, pour que le pied garde le contrôle. Sur des sorties courtes à moyennes, du semi au marathon trail, sur terrains secs ou modérément gras, elle fait le job. Pour jouer sur des formats courts et rapides, ce qui était l’ADN de la gamme, elle me semble moins pertinente.

JDT, les Hoka Torrent 5. Le test de la Torrent 5, vue latérale

Les alternatives

Si vous cherchez une chaussure véloce, racée, sans y mettre trop d’argent, je vous invite plutôt à regarder la Hoka Zinal 3 (240g, 160€), qui reprend en quelque sorte le rôle de la Torrent 4. Ou tout simplement la Torrent 4 elle-même, tant qu’on la trouve en promo. À l’inverse, si l’amorti vous intéresse et que vous voulez du Vibram, la SpeedGoat 7 (275g, 165€) reste la référence de la marque pour 20€ de plus.

Hors Hoka, la Salomon Pulsar est pour moi la chaussure la plus proche de ce qu’était la Torrent : 237g, 4mm de drop, une semelle basse et un très bon rapport qualité-prix. La Salomon Pulsar Trail (280g, 6mm de drop, 130€) joue sur le mm terrain avec un tarif encore plus doux. La Brooks Catamount 4 (270g, 170€) est plus chère mais aussi plus dynamique. Et dans un registre plus polyvalent, la Saucony Peregrine 16 (270g, 4mm de drop, 160€) offre une mousse en TPU expansé plus moderne.

Les alternatives à la Hoka Torrent

Ce que j’aime et ce que j’aime moins

JDT, les Hoka Torrent 5. Le test de la Torrent 5, le pare pierres

J’apprécie le look épuré de cette Torrent 5, son tarif contenu, une accroche qui reste convaincante grâce à ses crampons de 5mm, et un confort sécurisant avec une semelle épaisse qui protège bien sans tomber dans le mou. En revanche, je regrette la prise de stack qui lui fait perdre sa vivacité et sa précision, un poids qui grimpe de plus de 20g, une mousse EVA un peu datée, un talon et une cheville très (trop ?) verrouillés, et surtout un repositionnement qui la rapproche d’une SpeedGoat simplifiée au lieu de garder sa place de chaussure joueuse dans la gamme.

FAQ Hoka Torrent 5

La Torrent 5 remplace-t-elle la Torrent 4 ? Oui sur le papier, mais pas vraiment dans l’esprit. Elle prend environ 5mm de stack et 20g, ce qui en fait une chaussure plus amortie et moins vive. Si vous aimiez la Torrent 4 pour son côté joueur, regardez plutôt la Zinal 3.

Comment taille la Hoka Torrent 5 ? Elle taille normalement. Le chaussant est assez ajusté et le talon très ferme, donc si vous avez le pied large, mieux vaut l’essayer avant.

Pour quelles distances et quels terrains ? Plutôt du court au marathon trail, sur sentiers secs à modérément gras. Ses crampons de 5mm accrochent bien, mais sans Vibram ni plaque, je ne l’emmènerais pas sur des ultras très techniques.

Conclusion

La Torrent 5 reste une bonne chaussure, je ne vais pas dire le contraire. À 145€, elle offre un amorti ferme et protecteur, une bonne tenue du pied et une accroche efficace, le tout dans un look plutôt réussi. Mais elle a changé de catégorie : là où la Torrent 4 était fine, véloce et parfaitement placée dans la gamme Hoka, la V5 devient une sorte de SpeedGoat simplifiée, plus massive et moins joueuse. Si vous cherchez un produit plutôt amorti, stable et pas trop cher, elle a tout à fait sa place. Si vous comptiez la prendre dans la foulée de votre Torrent 4, je suis moins sûr, et je regarderais plutôt du côté de la Zinal 3.

Ses qualités

  • Accroche
  • Stabilité
  • Précision

Ses limites

  • Confort
  • Protection
  • Robustesse

Pour qui, pour quoi ?

  • Terrain : sentiers peu techniques, sentiers techniques, montagne / alpin, boue et terrain gras
  • Coureur : régulier, confirmé, compétiteur
  • Distance trail : semi, 20-40 km, maratrail, 40-80 km

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