Plus racée, plus SLAB
Aujourd’hui, je vous présente les Salomon S/Lab UltraGlide 2, la deuxième édition du modèle maximaliste et grand confort de la marque. Après une première version qui avait suscité pas mal de débats au sein de la communauté, notamment à cause d'un maintien arrière perfectible et de frottements gênants au niveau de la cheville, la marque a rapidement ajusté le tir avec une V1.5. Cette nouvelle itération fait monter le curseur d'un cran en intégrant désormais une empeigne en tissu Matryx réputée pour sa robustesse, un chausson-guêtre élastique montant. Je les ai emmenées courir sur mes sentiers alpins pour voir ce qu'elles ont dans le ventre, si le calage du talon a enfin été corrigé et si elles valent vraiment leur tarif haut de gamme. Voici mon avis détaillé sur ces Salomon S/Lab UltraGlide 2.
📷 Le test des Salomon S/Lab Ultra Glide 2, la V2 affine son tir ! | Plus racée, plus SLAB
Caractéristiques Salomon S/Lab Ultra Glide
- Poids 302g
- Drop 6mm
- Crampons 4mm
- Mousse OptiFoam+ (EVA/PEBA) VS EnergyFoam+
- Prix catalogue 250€
Usage: La Salomon S/Lab UltraGlide est une chaussure de trail avec un très fort amorti, pour les longues distances idéalement pas trop techniques.
Points forts: Amorti, confort, dynamique ok vu le stack
Points faibles: Maintien de la cheville / arrière, prix élevé
Note: 4/5
Dans la galaxie S/Lab de Salomon, chaque franchise a son rôle bien défini. Si la Pulsar incarne la vitesse pure sur formats courts et maratrails, et que la Genesis joue la carte de la polyvalence engagée, la S/Lab Ultra Glide 2 assume pleinement sa vocation : emmener les coureurs sur de la longue distance et de l'ultra-trail avec un niveau d'amorti maximal. Estampillée "S/Lab", elle représente ce que la marque annecienne sait faire de plus performant et de plus abouti.

S/Lab Ultra Glide 2 ci-dessus, S/Lab Ultra Glide V1 ci-dessous

Pourtant, la première version de ce modèle avait laissé un sentiment mitigé (voir le test des Salomon S/Lab Ultra Glide V1). Si les qualités dynamiques étaient bien là, la communauté et certains testeurs avaient relevé des défauts d'ergonomie, notamment des points de pression, des agréments perfectibles et des frottements au niveau de la cheville ou du col. Salomon a rapidement corrigé le tir avec une version 1.5 intermédiaire (voir le test des Salomon S/Lab Ultra Glide V1.5), avant de lancer cette seconde édition qui fait évoluer le produit de manière marquée.

Dans l'architecture globale des chaussures de trail Salomon, la sémantique a tendance à évoluer, mais les usages restent clairs. La gamme grand public propose des modèles très accessibles comme l'Ultra Glide 3 (ou la récente Ultra Glide 4 testée ici), une chaussure de trail que je trouve excellente vendue autour de 150 € qui privilégie le confort global.
Du côté de la franchise S/Lab, la Ultra Glide 2 se place tout en haut de la pyramide d'endurance. C'est l'option "grand confort et rendement" de la gamme compétition, venant se positionner à côté de la S/Lab Pulsar 4 (plus exclusive et légère) et de la S/Lab Genesis. L'objectif de cette S/Lab Ultra Glide 2 est de proposer un produit pour avaler les heures de course en montagne, tout en conservant des qualités dynamiques propre aux standards S/Lab.

Les caractéristiques techniques du produit
La Salomon S/Lab Ultra Glide 2 affiche un poids mesuré à 280 grammes sur la balance en pointure 42 2/3 (ma pointure), marquant un léger allègement par rapport à la première génération qui frôlait les 300 grammes. Son tarif catalogue s'établit toujours à 250 €, un prix devenu le standard de facto sur les produits haut de gamme chez la plupart des marques concurrentes (Asics MetaFuji Trail, Brooks Cascadia Elite, On CloudUltra Pro...).

Le chausson repose sur un stack particulièrement généreux de 41 mm au talon pour un drop de 6 mm, des valeurs résolument orientées vers la longue distance. La semelle intermédiaire s'appuie sur la technologie EnergyFoam (un EVA), associée à de l'Energy Foam+ qui intègre de l'olefin (OBC) infusé qui assure plus de moelleux.
Du côté de la tige, Salomon intègre désormais un textile en Matryx, ce tissu qu'on commence à bien connaître dans le trail, qui combine des fils d'Aramide et de Kevlar pour augmenter la durabilité et la résistance à l'abrasion. C'est nouveau donc, la tige se dote également d'un chausson intégré élastique façon guêtre, visant à épouser le coup de pied et à limiter les intrusions de débris. La fermeture est confiée à l'incontournable système de laçage Quicklace, associé à une pochette de rangement dédiée sur le haut de la languette. Les renforts latéraux en TPU, très visible au point d'en faire l'image de marque sur la gamme UltraGlide, entourent le médio-pied et le talon pour verrouiller la pose (enfin, c'est ce que je j'espère car j'avais été assez déçu avec la V1).

Sous la chaussure, Salomon reconduit sa semelle extérieure Contagrip à la géométrie très particulière : une structure alvéolée et ondulée, souvent comparée à un moule à gaufres. Selon les études de la marque, cette architecture permet de mieux répartir les charges d'appui sous la plante du pied afin d'atténuer la fatigue musculaire au fil des kilomètres.
Le test terrain
Premières sensations, fit et enfilage
À l'enfilage, le parti pris S/Lab se fait immédiatement sentir. En présence d'un chausson intégré associé au Quicklace, l'entrée du pied demande d'écarter franchement l'encolure et de tirer fermement sur la languette pour glisser le pied à l'intérieur. Il faut prendre le temps de bien positionner le textile pour éviter tout pli au niveau du coup de pied.

Une fois la chaussure ajustée et le lacet verrouillé, la première impression n'est pas forcément axée sur un moelleux feutré : le chaussant est très ajusté. C'est un fit typiquement "racé" et précis, assez étroit sur l'avant-pied au niveau des métatarses et bien verrouillé au coup de pied. Si vous aimez avoir de la marge pour étaler vos orteils ou si vous avez le pied large, cela peut vous déplaire. On ressent vite les parois de la tige en Matryx contre les bords du pied. Le maintien du talon est quant à lui en progression par rapport à la première version, le pied est mieux ancré à l'arrière sans la sensation de glissement qu'on pouvait reprocher au premier opus.
Confort de course
Sur les premiers kilomètres, le confort s'exprime avant tout par la capacité de la chaussure à filtrer le sol. L'amorti procuré par l'EnergyFoam est dense et finalement assez ferme sous le pied. La semelle absorbe parfaitement les chocs et protège des cailloux agressifs. Néanmoins, en raison d'un fit très près du corps et d'un volume modéré sur l'avant, j'ai au début ressenti une certaine pression latérale et de légers fourmillements au niveau des métatarses. Je n'avais pourtant pas particulièrement exagéré le serrage. Il ne faut pas hésiter à détendre légèrement le Quicklace pour laisser le pied respirer : au détriment peut-être du maintien du pied, un potentiel problème.

Efficacité sur le terrain
Dès que l'on hausse le ton sur les singles et les sentiers techniques, la structure de la S/Lab Ultra Glide 2 rassure. On n'est évidemment pas sur ce qui se fait de mieux en terme de stabilitén mais on ne peut pas tout avoir. En dévers comme lors des changements d'angle brusques, le pied ne déborde pas, mais il faut quand même pour cela bien souquer le quicklace. A défaut d'un Matryx très épais, le fit plutôt marqué offre à la chaussure une assez bonne tenue latérale : l'ensemble ne se déforme pas sous la contrainte, offrant une bonne précision. La chaussure a évolué vers quelque chose de plus racé.
Sensations dynamiques
En matière de renvoi d'énergie, la mousse utilisée délivre un comportement très homogène et prévisible. On ne retrouve pas la dynamique sautillante d'un TPU ou d'un PEBA supercritique au rebond prononcé (comme ce que propose la Salomon Aeroglide 4 GRVL que je teste en parallèle), mais la chaussure déroule de manière très fluide. Le rocker et le stack de 41 mm permettent de maintenir une allure régulière en endurance sans surconsommer d'énergie. La relance reste franche grâce à la fermeté de l'ensemble.

Accroche
La semelle extérieure Contagrip réalise un travail très correct sur les sols durs, la terre compacte, les rochers secs et les pierriers. Les crampons modérés privilégient la surface de contact et l'adhérence par friction sur la dalle. Je n'ai pas pu tester sur un terrain humide ou boueux...cela fait 2 mois qu'il n'a pas vraiment plu !
Usage type, distance et terrain
La Salomon S/Lab Ultra Glide 2 est taillée longues distances, jusqu'à l'ultra-trail. Elle s'exprime au mieux sur les sentiers un peu dégagés, la terre sèche, les pistes forestières et les terrains modérément techniques. C'est une chaussure idéale pour les coureurs au pied fin à médium qui cherchent de la précision, de la protection contre les chocs et un verrouillage rigoureux. On parle aussi de coureur avec une assez bonne qualité de pied pour compenser un maintien qui pourrait être un peu juste pour certains.

FAQ sur la Salomon S/Lab Ultra Glide 2
Quelle est la différence entre la S/Lab Ultra Glide 2 et la version 1 ?
La version 2 évolue principalement au niveau du chausson : elle intègre désormais une tige en Matryx plus résistante, un chausson-guêtre intégré et des renforts TPU latéraux nettement plus marqués à l'arrière pour corriger les défauts de maintien du talon constatés sur la V1.
La S/Lab Ultra Glide 2 convient-elle aux pieds larges ?
Non. Comme la majorité des modèles de la gamme S/Lab, la chaussure adopte un fit ajusté et "précis". Si vous avez le pied fort ou besoin de beaucoup de volume au niveau des orteils, ce modèle risque d'engendrer des points de pression.
Faut-il choisir la S/Lab Ultra Glide 2 ou la Salomon Ultra Glide classique ?
La S/Lab Ultra Glide 2 s'adresse aux coureurs recherchant de la précision et des matériaux de pointe (Matryx, chausson intégré) pour la compétition à 250 €. L'Ultra Glide 4 classique sera plus tolérante, plus souple, plus abordable et nettement plus confortable au quotidien pour la majorité des traileurs. Etonnament je préfère la UltraGlide 4 à la SLAB UltraGlide

Conclusion
J'apprécie le verrouillage du talon qui évolue notablement par rapport à la première édition (même si ça pourrait être un peu meilleur), la tenue de la tige en Matryx dans les appuis latéraux, ainsi que la protection efficace de la semelle face aux aspérités du sol. En contrepartie, je regrette le manque de volume au niveau des métatarses qui compresse légèrement l'avant-pied, la fermeté d'un amorti qu'on aurait pu espérer un peu plus mou (j'aurais aimé voir de l'EnergyFoam2), ainsi que le tarif de 250 € qui reste particulièrement élevé face à une Ultra Glide 4 grand public peut-être meilleure.
Pour terminer, n'hésitez pas à vous inscrire à ma newsletter gratuite où je partage toute l'actualité autour du trail, les nouveautés matos, mes derniers tests et autres conseils. J'offre également mon analyse sur le sujet de la chaussure d'Ultra-Trail C'est ici.



