La SaintéLyon 2014

De la boue en duo

Ça fait déjà 1 an. Je terminais ma première SaintéLyon avec un très satisfaisant 9h12 sur les 75km d'une édition assez froide et enneigée. A ce moment, je ne prévoyais pas d'y revenir, course trop roulante à mon goût. Mais l'ambiance. Cette année, j'y suis retourné pour la faire entre potes.

📷 La SaintéLyon 2014 | De la boue en duo

Dans le train au départ de Paris, je tombe sur Greg et Philippe. Philippe m'avait dit qu'ils prenaient le 15h54 et sans surprise on passe un moment à discuter sur la plate-forme du wagon 7. De la course bien sur. On passe évidemment pour des fous lorsque le gars qui fume à coté comprend qu'on va courir 70 bornes de nuit.

Sieste somnolée d'1h20 dans le train

Le Selfie du départ, on est encore tout frais sans avoir froid.

Je retrouve mon binôme Nico à la gare de Lyon PartDieu, première étape de la longue mise en condition de l'avant départ de la SaintéLyon. Je suis content de recourir avec lui après un premier trail ensemble au début du mois d'août, la Frison Roche un maratrail calé dans ma prépa CCC..

Le départ de la SaintéLyon

En effet, comme tous les projets qu'on ne souhaite pas rater (ici donc le départ), il faut un vrai rétro planning. Alors voilà:

  • 24h10 - départ de notre vague
  • 24h00 - départ la première vague
  • 23h53 - avec Nico on pense à Flo qui va vivre sa pire nuit du monde
  • 23h53 - le DJ nous fait sautiller sur place
  • 23h30 - entrée dans le sas avant qu'il soit bondé
  • 23h25 - on quitte le gymnase
  • 23h22 - je suce un gel "avant départ"
  • 22h41 - je mets la pression à Laurent, à Florian et Florent qui ne sont pas encore habillés. Les 2 Flo ne sont pas du tout entraînés, ils vont souffrir c'est certain. Florian n'a même jamais couru de sa vie sauf les footing au lycée.
  • 22h00 - on trouve sa place dans le gymnase pour attendre, on se nok les pieds, on ne trouve pas sa frontale, on re-check son programme de course -
  • 21h00 - on descend du bus et on va à la pasta party. On y retrouve quelques têtes connues, Pierre, Greg de nouveau, Benoît qui va finir en 7h42, Mathieu
  • 20h00 - on saute dans une des navettes pour 12€ acquittés au guichet du palais des sports
  • 19h00 - je pose mes affaires dans une chambre d'hôtel réservée pour l'occasion, j'essaie de faire caca mais j'arrive pas
  • 18h30 - je passe dire bonjour dans la salle de presse, je vois Julien et Bastien au bar entrain de s'enfiler une pinte de bière.
  • 18h00 - visite très rapide des stands du salon, on récupère de jolis gant flockés
  • 17h30 - on fait la queue pour le retrait des dossards
  • 17h00 - on prend le métro pour Gerland, bondé à cause des touristes venus pour la fête des lumières. Je crois que personne ne connaît la SaintéLyon.

Ma préparation est loin d'être optimale avec une douleur début novembre au tendon d'Achille gauche qui me contraint à réduire la charge en ne courant plus qu'une ou deux fois par semaine sur novembre. Du coté de Nico, une super préparation mais une semaine fiévreuse et peu de sommeil. On se cale quand même sur un objectif, finir sous les 9h. Pour ça, j'ai établi un plan de course en m'appuyant sur mes références de l'année dernière, et en extrapolant sur le nouveau parcours.

Voilà, ça c'est les temps de passage pour un objectif de 8h50 estimé, prenant en compte la vitesse qui baisse franchement sur la fin, et par analogie avec ma course de 2013 (9h12 avec 3km de plus). Va t-on le tenir... suspense :)

On se cale dans le sas 7h-9h, mais de toute manière ça ne change pas grand chose, les 7km de bitume avant les premiers sentiers qui montent vers Saint-Christo vont se charger d'étirer les coureurs. Évidemment quand même, comme à chaque fois on double des gens du sas <7h qui n'ont rien à faire là, et même un marcheur.

La sortie de Saint-Etienne sur le bitume. Roulant, c'est là qu'il ne faut pas trop traîner car après ça va boucher.

A l'attaque de la montée, je trouve qu'on pousse un peu trop, mais je laisse Nico avancer. Il me dit qu'il est très bien dans la montée vers saint Christo et du coup il prend un peu d'avance. Je le garde quand même en visu, il ne s'agit pas de se perdre. D'ailleurs à plusieurs reprise on se passera quelques "Chuis là", "Nico" ou "Vincent" pour évaluer nos positions. On n'a pas envie de se quitter rho comme c'est mignon.

Assez naturellement, on trouve un compromis, Nico étant mieux que moi en montée, et moi mieux que lui en descente, on joue à l'élastique. Le rythme est lancé et la course s'annonce bien. Je profite aussi pour faire quelques photos au sommet de la montée, pour cette vue désormais mythique sur le filament de frontale et Saint-Etienne en arrière plan

La longue première montée en direction de Saint-Christo, et les lucioles.

Petite descente avant d'arriver à Saint-Christo. On n'a pas prévu de s'arrêter au premier ravito, on file tout droit.

On arrive au premier ravito en 1h37. Sur mon planning j'avais prévu 1h45. On est donc en avance et plutôt bien. Je dis à Nico qu'il faut qu'on réduise un chouilla. Sur notre lancée, on continue quand même notre yoyo fonctionnel. Il prend les devant en côte, je le double en descente, il me reprend en côte. le jeu est sympa et agréable, on optimise ainsi notre course en duo.

Quelque part dans la nuit.

En apprenant qu'il n'y aurait pas de neige et que la température serait plus clémente qu'en 2013 j'étais rassuré. L'année dernière, les 30 premiers kils jusqu'à Sainte Catherine étaient un jeu d'équilibriste. Finalement, je me demande si un terrain damé par la neige n'est pas préférable, le sentier cette nuit est excessivement boueux. Je vois des coureurs tomber, par endroit on s'enfonce jusqu'à la cheville, plus loin c'est l'eau qui entre. Je trouve, enfin ce n'est sûrement qu'une impression, qu'il ya plus de monde cette année. Quelques vrais bouchons se forment sur les singles les plus étroits et de façon générale la progression est presque plus lente que l'année dernière.

On arrive à Sainte-Catherine avec toujours un peu d'avance sur le planning, 3h04 pour 3h20. La progression est la même depuis le départ, on gagne du temps sur les prévisions. Il va falloir qu'on ralentisse. Du coup on prend un peu de temps au ravito en y restant 10 minutes. Je trouve que Nico ne mange pas beaucoup et je lui fais la remarque.

On repart du ravito avec l'idée de réduire un chouilla. mais je note quand même une baisse d'allure de Nico, surtout dans les descentes. Je dois même ralentir franchement dans les montées pour qu'il puisse me rattraper. Je suis bien, mais je décide quand même de lever le pied aussi dans les descentes car finalement on arrive à peine à la mi-course

Le Bois d'Arfeuille

On chemine sur les hauteurs, au loin les lumières de Lyon ou de sa banlieue.

Il faut bien en parler de celui-là. Cette année, le bois d'Arfeuille se passe dans le sens de la descente. Je sais aussi qu'une longue montée prend le relai alors je décide de profiter de l'endroit et je file. Je me remémore le terrain alors que l'année dernière j'étais globalement plus employé. Je reconnais aussi dans la descente le petit échappatoire sur la droite où je m'étais arrêter pour une pause technique accroupie dans le sombre.

Le flou dans la nuit. on se pose des question, filer ou finir ensemble.

Dans la montée qui suit, celle du bois de l’Eteillé, Nico me dit qu'il a une douleur derrière le genou droit dans les descentes. La suite ne vas pas l'aider car une fois le sommet passé on attaque une longue descente jusqu'à Saint Genou. Quel nom ce village, j'imagine tous les coureurs faire un détour pour déposer un cierge... Il n'était pas prévu que nous nous y arrêtions, mais Nico me dit qu'il en a besoin. Pour ma part, je suis bien même si une douleur se développe du coté du releveur du pied droit. Par contre, rien au niveau du tendon d'achille qui m'a stressé pendant tout le mois de novembre. C'est bien.

A ce moment, je me pose LA question qu'on se pose toujours dans le cas d'une course en duo : je file en solo ou on fini ensemble? On a beaucoup réduit l'allure puisqu'on a perdu 20 minutes de rythme depuis Sainte Catherine. On arrive à Saint Genou en 5h04 contre 5h00 dans le planning et je pense pouvoir tenir l'objectif initial. Alors j'hésite mais je décide de rester avec Nico. Finalement, je ne suis pas là pour faire un chrono et je préfère profiter de l'événement avec mon pote, regarder les choses autrement. Les courses il y en aura bien d'autres en 2015...

Donc ça sera une SaintéLyon Duo

Le ravito de Saint Genou est horrible, petit et fortement bondé. On arrive à récupérer quelques nourritures, puis on sort de cet endroit désagréable. Nico a de plus en plus de mal à relancer, et s'arrête même parfois de courir sur le plat, besoin de faire une pause.

On se rapproche de Lyon progressivement et les lumières de la ville combinées à l'aube vers l'est teintent le ciel étrangement.

Le hall de gare de Soucieu

On s'arrête 15 minutes. Je fais les courses pour Nico, là une soupe de légume, plus loin 2 pâtes de fruits, une demi banane. Je prends les pieds des gens en photos, quelques plans larges de l'endroit. Je trouve qu'il y a une drôle d'ambiance. Je retourne prendre un verre de Coca que je me sers directement, le bénévole étant occupé. Il me dit "oui ok, fais attention de pas en mettre partout hein". Ok, c'est bon pour moi, je repars dans la forêt. Mon état d'esprit est entrain de changer.

Au ravito de Soucieu, Nico est à plat.

Le ravito de Soucieu en Jarest aurait pu donner un peu de son espace à celui de Saint Genou. Chose étonnante, le sol est propre.

Voilà, ça donne une idée de la boue par endroit sur cette saison 2014. Après Sainte Catherine, ça se calmait doucement.

L'aube approche doucement.

Entre Soucieu et Chaponost, Nico n'a pas l'air de s'amuser du tout. On marche la plupart du temps. Il me dit "d'y aller" à plusieurs reprises, mais je lui réponds que "ba non, on l'a fait ensemble, c'est sympa comme ça". D'un commun accord, on décide plus ou moins que je l'accompagne jusqu'au dernier ravito, puis que je terminerai seul les derniers 13km jusqu'à l'arrivée. En vérité, je n'ai pas vraiment envie d'être là, je n'ai plus envie de courir et je vis l'événement de l'extérieur. Un randonneur qui se serait inscrusté, ou un coureur non concerné. C'est étrange.

Depuis quelques temps déjà je suis dans une autre course. Moins absorbé par mon propre effort, je regarde et j'écoute autour de moi, je prends le temps de faire quelques photos. Il y a toujours beaucoup de monde, et il est rare de se trouver seul sur le sentier. Un bouchon se forme par un coureur plus lent en descente, je double pour profiter de l'espace puis 50m plus loin, à peine, à nouveau le flot humain. Je trouve que la SaintéLyon est une belle course jusqu'à Sainte Catherine, mais qu'elle devient ennuyeuse ensuite. En fait non dans ma tête c'est même "c'est chiant ça me saoule tous ces gens".

Il y a aussi des personnages étranges comme cette fille qui raconte qu'elle se maquille quand elle court. Je me retourne, effectivement elle est maquillée et je dis "C'est sympa". Je ne sais même pas pourquoi je dis ça, sans doute la politesse, car en vérité je trouve ça totalement con. Elle finit par nous doubler et une effluve de parfum d'ascenseur la suit à la trace, c'est dégueuvomitif, je me retiens de lui dire.

Notre Duo à ce moment n'est pas au mieux

Le jour est levé, la fin approche.

Heureusement, sur toutes les courses longues, les choses finissent par s'améliorer. A quelques kilomètres de Chaponost, un sursaut nous fait accélérer. Nico est même motivé par une pause éclair (pas comme les 15 minutes de Soucieu), où on ne fait que traverser le ravito en mangeant 2-3 trucs rapidement pour ressortir tout de suite.

Les choses sont encore difficiles, mais progressivement on reprend des forces et du plaisir. A un moment je reconnais Patrick qui double, on en profite pour discuter un peu. Nico continue et attaque la montée de Beaunant franco, il va mieux au point qu'il commence vraiment à prendre de la distance. Je laisse Patrick et son binôme sur le replat en haut et je rejoins le mien. S'enchaînent alors les dernières montées et descentes, on passe dans un petit bois aménagé en accrobranche que je trouve un peu cheap. C'est ensuite la dernière remontée bien raide avant d'attaquer les marches qui plongent vers la Saône.

Dernière montée.

Dernière descente, les marches avant d'arrivée sur les berges.

On y est, plus que 3km de plat

C'est la fin, il reste 3km de plat, 2 ponts, et le dernier km dans le parc de Gerland.

On termine en accélérant le rythme et on entame les berges de Lyon à fond. C'est Nico qui mène le train et je le surprends à hausser la cadence à 5'20 - 5' au kilo lorsqu'on passe le nouveau pont Raymond Barre. Avec des jambes fraiches c'est pas énorme, mais après 70 bornes de nuit c'est presque à bloc. Je dirai à Nico ensuite qu'il aurait pu se lâcher un peu plus tôt :)

La fin arrivant, Nico décide de nous sortir un bon petit rythme à 5' au kilo.

Dernier virage, panneaux des 200-150-100-50m au loin, plus qu'à savourer.

Voilà on y est, le dernier kilomètre. Les gens viennent à la rencontre de leur coureur, et nous on file. On double à bloc en lançant des encouragements à ceux qui marchent, je crie mon "allez" qui nous est aussi destiné, celui-là me donne souvent des frissons.

Dernier virage à gauche, au fond les panneaux 200-150-100-50. Alors que c'est une évidence, qu'on est arrivé, je dis à Nico qu'on y est et qu'il reste à entrer dans le grand hall. J'entends aussi un "Allez Vincent", c'est Greg qui nous félicite.

Et voilà on entre dans le palais des sports, la SaintéLyon Duo se termine

Je vous passe les commentaires à cet instant.

Point de passage Vitesse Class. Temps de course
492m Parc Expo-St Etienne - km/h - 00:00:00
15.5km St Christo en Jarez 9,37 km/h 1894 01:37:17
27km Ste Catherine 8,22 km/h 1725 03:04:12
39km St Genoux 6,04 km/h 1960 04:55:27
50km Soucieu en Jarrest 6,22 km/h 2303 06:41:46
56.5km Chaponost 5,88 km/h 2645 08:29:05
73km Lyon - Gerland 6,38 km/h 2737 10:18:28

Après course

  • Évidemment on oublie les moments chiants, mais je continue à penser que la SaintéLyon est une super course jusqu'à Soucieu. Disons. Mais qu'ensuite c'est beaucoup moins intéressant;
  • Quand même l'ambiance d'avant course est géniale;
  • Je conseille à tout le Monde de courir en duo, c'est top;
  • Ok je ne suis pas fan de cette course, mais j'ai un compte à régler avec elle: la faire à bloc et en chier. J'y serai une 3ème fois en 2015...

Le maillot de finisher

La trace sur Garmin Connect

Quelques autres comptes-rendus de la SaintéLyon 2014 :

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