Une chaussure très équilibrée et efficace.
On ne sait pas toujours quoi raconter en introduction d'un article sur une chaussure de trail, mais ce test a une histoire à part : suite à un oubli de mes chaussure de course à la maison (je voulais courir en Terrex Agravic TT), j'ai pris le départ des 57km de la MaxiRace Demi-Tour avec, alors que ce sont plutôt des chaussures de gravel et qu'elle étaient neuves. Une hérésie totale sur le papier, mauvaise idée, ou pas. Mon verdict sur ces Mount to Coast H1 après 57 km et 3500 m de D+.
📷 Le test terrain des Mount to Coast H1 sur la MaxiRace ! | Une chaussure très équilibrée et efficace.
Caractéristiques Mount to Coast H1
- Prix catalogue 170€
- Poids 248g
- Talon 35mm
- Drop 6mm
- Mousse CircleCELL TPEE
- Crampons 2mm
Usage: Les Mount to Coast H1 sont des chaussures de trail pour terrain roulant, typiquement gravel, avec un fort amorti pour les sentiers pas trop techniques.
Points forts:
Points faibles:
Note: /5
C’est la deuxième fois que je parle de Mount to Coast cette année. Après le test des Mount to Coast T1 que j’ai beaucoup aimée et que je prévois de pas mal utiliser cet été, je vous présente aujourd’hui sa petite sœur, la H1. Visuellement, on est face à un modèle assez épuré, qui fait la part belle à une grosse semelle intermédiaire beige-marron. Elle affiche une silhouette presque lifestyle que j'aime bien. On est clairement sur une chaussure positionnée sur le segment dit « gravel », à destination des terrains secs et peu techniques.

La H1 dans la gamme Mount to Coast
Pour simplifier la lecture de la gamme chez Mount to Coast, la marque a choisi une nomenclature asse simple qui s'articule pour l'instant autour de trois modèles. On trouve une chaussure de pure route (la R1), la fameuse T1 qui est la version trail typée que j'ai adorée, et enfin cette H1 qui fait office de trait d'union.

C'est le modèle hybride par excellence, une chaussure pour courir sur les chemins blancs et la terre sèche. On sent que la marque pose ses pions intelligemment, en attendant la sortie prochaine d'une version typée ultra en montagne, la M1 pour Mountain , qui devrait arriver avec des crampons plus massifs. En attendant, cette H1 s'adresse directement aux coureurs qui veulent de la polyvalence sur les sentiers roulants.
Caractéristiques techniques

Sur le plan technique, la Mount to Coast H1 se distingue par sa légèreté. L'ensemble affiche sur la balance un poids très contenu de 242 grammes, ce qui est une belle performance pour une plateforme qui propose un stack de 35 mm au talon. La semelle intermédiaire intègre la technologie maison Circle Cell, une mousse supercritique formulée à partir d’un élastomère thermoplastique (TPE) d'origine biosourcée. On s’affranchit des dérivés pétroliers traditionnels, en espérant de la durabilité élastiques au fil des kilomètres.

Proposée au tarif de 170 euros, le positionnement me paraît tout à fait équilibré pour un produit doté d'une mousse moderne. Enfin, comme sur la T1, la tige propose un double système de laçage rapide Quicklace : sur l'avant-pied pour ajuster la toebox, et sur le haut du cou-de-pied un système de lacets traditionnels.
Le test terrain

À l'enfilage, le confort est immédiat. On se sent tout de suite bien dans la chaussure, même si je trouve que le volume global mériterait un fit un peu plus ajusté sur l'avant du pied. L'assise est très accueillante et le maintien à l'arrière est bien en place, sans compression notable. La languette est bien pensée, et j'apprécie particulièrement le choix de combiner le Quicklace sur le bas et des lacets classiques sur le haut. C'est beaucoup plus modulable et facile à manipuler que sur la T1, qui intègre une petite pochette stretch qui finalement gène un peu les réglages. Ici, l'absence de pochette offre plus de modularité au quotidien.

J’ai mis cette Mount to Coast H1 à l’épreuve de manière radicale. J'ai couru le demi-tour de la Maxi-Race avec : 57 kilomètres et 3500 mètres de dénivelé positif. Autant vous dire que c'est le genre de truc qu'il ne faut surtout pas faire : embarquer une chaussure totalement neuve sur une course, c'est la meilleure manière de choper des ampoules parce que la semelle de propreté n'a pas encore pris l'empreinte du pied. Mais j'avais oublié mes T1 à la maison, et je n'avais pas d'autre choix que de courir avec ce que je portais aux pieds à Annecy. Et bien, ça c'est bien passé.
Malgré les heures passées sur les sentiers et la fatigue qui s'accumule, la chaussure reste moelleuse, le chausson sécurise bien l'assise du pied et, contre toute attente, je n'ai pas trop souffert de friction notable, même si l'intérieur a logiquement commencé à chauffer un peu en fin de course.

Sur le terrain, la H1 offre un comportement très équilibré. On est assez haut perché avec les 35 mm de stack, mais pas plus (voire moins) que sur certaines chaussure d'UItra concurrentes. Surtout, la base de la chaussure est large, ce qui apporte une stabilité très correcte. Le pied travaille bien, la transition est fluide, la chaussure est assez rassurante. On manque juste un peu de protection frontale et sous le pied : l’absence d’une plaque de protection de type "RockShield" sous l'avant-pied se fait sentir. Avec la fatigue, on ouvre un peu les trajectoires et on perçoit un peu trop directement le relief des pierres ou des racines sous le pied.
Sur des plus courtes sorties, ou si vous pouvez envoyer, la dynamique est bonne, le retour d'énergie est bien présent. On ressent une foulée tonique dès que l'on essaie de relancer la machine. La chaussure se montre légère et vive, ce qui est super agréable sur les portions roulantes.

Du côté du grip, les crampons avouent logiquement leurs limites. C’est une chaussure typée "gravel", dotée de crampons légers et peu marqués. Sur les portions sèches, le grip est au niveau. En revanche, dès que l’humidité et la boue s'invitent dans la forêt ou dans les sections souvent à l'ombre en bas des descentes, on perd naturellement confiance. Moi qui aime bien envoyer un peu en descente, j'ai dû marcher et faire attention à ne pas glisser dans certains endroits dans le Semnoz.
Usage type, distance et terrain

Le cœur de cible de cette chaussure est limpide : elle excelle dès que le sol est sec, roulant et peu technique. C'est le produit idéal pour les formats maratrail ou les ultras roulants. Je la verrais parfaitement bien sur des épreuves comme l’EcoTrail, le Saint-Jacques by UTMB ou le Alsace by UTMB. Vous pouvez aligner les kilomètres sans problème, à condition d'éviter les bourbiers et la haute montagne technique.
Ce que j'ai aimé, et ce que j'ai moins apprécié
La chaussure est très confortable, servie par un amorti Circle Cell à la fois doux et réactif, qui maintient une vraie dynamique sans s'affaisser. Sa légèreté est un argument de poids sur la distance. En contrepartie, je regrette la coupe un poil trop large du chausson sur l'avant qui oblige à serrer le système de laçage de manière conséquente pour éviter que le pied ne glisse en descente. Ou tout simplement pour un meilleur contrôle dans les zones techniques (même si ce n'est pas sa destination première). L'adhérence se dégrade dès que le terrain devient gras ou humide, et le manque d'une plaque de protection sous l'avant-pied expose trop les métatarses aux irrégularités du sol agressif. Mais c'est avant tout une chaussure gravel.

Conclusion
Pour conclure, cette Mount to Coast H1 est une bonne surprise. C'est une chaussure confortable, légère et dynamique, qui tire parfaitement son épingle du jeu sur les parcours secs et roulants. Certes, elle avouera ses limites dans la boue ou sur les cailloux pointus en raison d'un manque de crampons et de plaque de protection, mais pour aligner les kilomètres sur des pistes et chemins forestier l'été, c'est une valeur sûre que je recommande. J'attends désormais la version montagne avec impatience !
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