Le test des détaillé des Scott Kinabalu Ultra : une Ultra Véloce !

Une chaussure d'Ultra légère et dynamique.

Je ne sais pas trop ce qui se passe chez Scott depuis le début de l'année, mais il semble y avoir eu un sérieux changement d'équipe ou une prise de conscience brutale : leurs modèles précédents n'étaient plus tout à fait en phase avec les attentes de la communauté trail. Après une Kinabalu Trail que j'ai trouvée excellente il y a quinze jours, capable de rivaliser avec des références comme la S/LAB Pulsar ou la Zinal, je m'attaque aujourd'hui à la version "Ultra". Sur le papier, cette chaussure peut surprendre, mais elle confirme surtout que Scott a franchi un cap majeur pour rattraper son retard sur la concurrence.

📷 Le test des détaillé des Scott Kinabalu Ultra : une Ultra Véloce ! | Une chaussure d'Ultra légère et dynamique.

Caractéristiques Scott Kinabalu Ultra

  • Prix catalogue 170€
  • Drop 7mm
  • Talon 40mm
  • Mousse EVA infusé azote
  • Matériaux Matryx
  • Poids 265g

Usage: Comme son nom l'indique la Scott Kinabalu Ultra est destinée aux longues distances, sur tous les terrains, même techniques. ADN montagnard.
Points forts: Légèreté , dynamique, amorti/rebond, efficacité
Points faibles: Stabilité pourrait mieux faire, robustesse/structure
Note: 4.25/5

Historiquement, Scott proposait des chaussures très techniques et robustes, mais parfois un peu rigides ou "à l'ancienne". Dans la nouvelle hiérarchie de la marque, la Kinabalu Ultra est la grande sœur de la Kinabalu Trail. Là où la Trail joue la carte de la vitesse, l'Ultra conserve cet ADN joueur tout en y ajoutant un volume de semelle plus conséquent pour affronter les distances plus longues. Elle vient chasser sur les terres des modèles "élite" amortis, offrant une alternative plus nerveuse aux gros sabots de type rando-trail.

Les Scott Kinabalu Ultra

Les caractéristiques techniques de la bête

Côté chiffres, Scott frappe fort avec un poids que j'ai mesuré à seulement 265 grammes, ce qui est notable pour une chaussure affichant un stack généreux de 39 mm. Le drop de 6 mm reste dans un standard polyvalent, mais c'est surtout la semelle intermédiaire que je remarque : on est sur un EVA "supercritique" infusé à l'azote. Ce procédé, qu'on connait déjà ailleurs comme chez Brooks, consiste à injecter de l'azote sous haute pression pour expanser la mousse, créant un matériau à la fois plus léger et plus réactif que l'EVA compressé-moulé classique.

Preview des Scott Kinabalu Ultra

La tige n'est pas en reste puisqu'elle utilise le textile Matryx, ce mesh haute résistance renforcé de Kevlar que l'on retrouve désormais sur presque tous les modèles haut de gamme du marché. L'ensemble est proposé au prix très compétitif de 170 €, un tarif "presque accessible" quand on voit l'envolée des prix sur le segment élite.

Le test terrain : de la polyvalence à revendre

Scott Kinabalu Ultra, vue 3/4 avant

Au moment de l'enfilage, il faut vraiment ouvrir la chaussure en grand pour y glisser le pied. La languette est très fine, bien qu'elle intègre un petit renfort sur le dessus du coup de pied pour protéger du serrage des lacets plats. Une fois à l'intérieur, le "fit" est assez marqué : la chaussure taille normalement mais reste assez étroite. Si vous avez le pied large, passez votre chemin. Le maintien est bon mais sans excès, et on sent immédiatement que la mousse infusée propose ce compromis étrange, typique des mousses modernes : c'est à la fois moelleux sous l'appui et réactif en dynamique.

Le confort ne vient pas d'un amorti "chamallow" mais bien de la qualité de filtration de la mousse. On sent que le pied est accompagné sans être déconnecté du sol. Le contrefort ne remonte pas trop haut sous les malléoles, ce qui évite les frottements désagréables, et la légèreté du Matryx se fait oublier. Le fit est là mais on ne le ressent pas, c'est agréable. C'est une chaussure dans laquelle on se sent précis, loin des sensations de flottement de certains modèles ultra-maximalistes.

Le test de la Scott Kinabalu Ultra

L'efficacité est sans doute le point fort de cette Kinabalu Ultra. Elle n'a rien à voir avec une Brooks Caldera 8 ou une Trabuco Max 5 qui peuvent parfois donner l'impression de porter des sabots. Ici, on a une chaussure véloce et très joueuse. Sur les portions plates ou légèrement descendantes, la chaussure incite à la relance. On a presque l'impression d'avoir des La Sportiva Prodigio Pro ou des Hoka Tecton X3 aux pieds, alors même qu'il n'y a pas de plaque carbone à l'intérieur.

Le test de la Scott Kinabalu Ultra

La mousse infusée réagit très bien verticalement, offrant une belle tonicité. En revanche, il faut faire attention dans les dévers techniques : la mousse a tendance à "louvoyer" ou à faire du roulis latéral si on ne la contrôle pas bien. C'est une chaussure qui demande d'avoir un peu de "pied" et une foulée plutôt médio-pied pour exploiter sa flexibilité et éviter que la torsion de la cheville ne soit amplifiée par la déformation de la semelle. Bon, évidement c'est à la marge, vous n'aurez pas plus de problème qu'avec une autre chaussure un peu stackée comme on en trouve de plus en plus sur le marché.

L'accroche était le point sur lequel j'étais le plus critique avec sa petite soeur la Kinabalu Trail. Sur le sec et dans la terre, la semelle Scott fait le job. Par contre, dès que l'humidité s'en mêle, notamment sur des surfaces lisses comme l'ardoise ou le schiste, on reste un ton en dessous d'un Vibram Megagrip ou d'autres gommes de référence (je pense au Asics Grip). Comme on dit souvent, "l'accroche c'est dans la tête", mais un peu plus de contact sur le mouillé ne ferait pas de mal.

Le test de la Scott Kinabalu Ultra

Malgré son nom "Ultra", je ne la conseillerais pas forcément pour un 100 miles ultra-technique avec beaucoup de caillasse, car sa structure pourrait s'avérer un peu légère sur la durée pour le commun des mortels. Elle est en revanche un super choix pour des formats "Maratrail" ou des sorties de 60 km sur des terrains plutôt roulants à vallonnés. Elle s'adresse avant tout aux bons coureurs qui cherchent de la performance et de la légèreté sans sacrifier l'amorti.

Ce que j'ai apprécié et mes réserves

J'ai été conquis par la légèreté de l'ensemble et cette semelle intermédiaire qui répond très bien (au sol et à la concurrence) pour la marque qui apporte un dynamisme très plaisant. Le choix du textile Matryx est judicieux pour la longévité, et le positionnement tarifaire est une excellente surprise. À l'opposé, je regrette une certaine instabilité latérale en terrain escarpé où la mousse a tendance à osciller, mais c'est plutôt normal. Ainsi qu'une adhérence qui avoue ses limites sur les dalles humides. Enfin, le chaussage n'est pas des plus pratiques, probablement de la tige relativement serrée : le fit va avec.

Le test de la Scott Kinabalu Ultra

FAQ courte

1. Est-elle adaptée aux pieds larges ? Non, le fit est assez serré et précis, typique des modèles performance. Les coureurs aux pieds forts pourraient se sentir à l'étroit.

2. Peut-on vraiment faire un Ultra avec ? Oui, mais c'est une chaussure typée "élite". Elle conviendra aux coureurs légers et techniques sur de longues distances, mais manquera peut-être de soutien pour les fins de course difficiles sur 100 km et plus.

3. La chaussure s'use-t-elle vite ? Et bien difficile à dire, comme vous le savez je ne teste pas les chaussures assez longtemps pour évaluer ça. Le Matryx assure une excellente durabilité à la tige. Quant à la mousse infusée à l'azote, elle a tendance à mieux conserver ses propriétés mécaniques dans le temps qu'un EVA classique. Ceci dit, pas certain que la durabilité soit sa force vu le peu de protection latérale.

Conclusion

Scott Kinabalu Ultra, vue latérale

Scott signe ici un retour fracassant dans la course à l'innovation. La Kinabalu Ultra est une excellente chaussure, très loin des modèles alpins un peu sec et exigeants auxquels la marque nous avait habitués. Légère, tonique et équipée de matériaux premium, elle souffre éventuellement d'un nom un peu trompeur : c'est plus une chaussure de performance polyvalente qu'un pur produit d'ultra-endurance. Si vous avez une foulée dynamique et que vous cherchez un modèle qui en a sous le capot pour vos maratrails, c'est une option que je valide totalement.

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