Test des Salomon S-LAB Sense 5 Ultra

La formule 1 des sentiers

Voici la dernière mouture de la Salomon S-LAB Sense Ultra. je ne saurais pas du tout dire en quoi elle change des versions précédentes, je n'ai jamais eu l'occasion de jouer avec auparavant. Lors de la publication d'une photo sur facebook, où le petit 5 du modèle n'était pas visible, un lecteur a même réagit en disant qu'il ne s'agissait pas de la S-LAB Sense Ultra 5 mais de la 3. C'est dire comme le changement est évident. On pourrait imaginer que les modifications ne sont pas visibles, qu'elles se trouvent au coeur du produit, après tout les mutations génétiques ne concernent pas que les caractéristiques visibles externes. En tout cas je ne parlerai pas des évolutions du produit ici, seulement de mon ressenti en l'état.

📷 Test des Salomon S-LAB Sense 5 Ultra | La formule 1 des sentiers

Dans une descente un peu grasse avec les S-Lab Sense Ultra 5

Présentation de la Salomon S-LAB Sense Ultra

Avant de partir les trainer dans la terre et la boue, voici un petit aperçu des caractéristiques de la bête. La Sense Ultra est avant tout une chaussure très légère. 220g c'est peu et c'est surtout plus proche du poids d'une chaussure de running. Et encore, sur le papier elle s'apparente quasiment plus à une chaussure de piste, le trail semble bien loin. Salomon la présente même d'une façon peu flateuse avec une faible "note" pour ce qui concerne la stabilité, l'amorti, la protection et la robustesse. Coté drop, on est sur 4mm (18mm/14mm). C'est une chaussure pour courir vite et cher (180 euros...).

Le système SensiFit "enveloppe" le pied, maintien la languette.

Les crampons à l'arrière.

Le système de laçage QuickLace est sans doute un des meilleurs que je connaisse. Simple, efficace, souvent copié (Hoka par exemple), jamais égalé.

La semelle est plutôt "polyvalente". Les crampons "plats" donnent l'impression qu'on peut courir sur le bitume avec sans trop dégrader la semelle.

Je trouve le talon assez rigide, et même pas très confortable avec quelques renforts en dur dessous. Petite gène qui disparait au bout de quelques minutes, mais petite gène quand même.

Alors que la chaussure est plutôt épurée, la protection à l'avant est bien présente et plutôt enveloppante.

De profil, on constate que c'est une chaussure vraiment taille basse avec assez peu de semelle.

Voilà, il faut vraiment zoomer pour voir que c'est bien la V5.

Les Salomon S-LAB Sense Ultra 5 sur le terrain

J'ai l'habitude de prendre un max de photos lors de mes tests. J'ai pu ainsi tester les S-LAB Sense Ultra sur 3-4 sorties d'une dizaine de km. Le printemps est là mais j'ai aussi pu faire quelques essais sur terrain gras. Même si ce modèle n'est pas destiné à cela et qu'il faudra s'orienter plutôt vers la variante Soft Ground.

Les Salomon encore propres :)

Le grip est plutôt correcte, mais c'est surtout la précision qu'on remarque en premier.

Comme je l'ai déjà dit sur Facebook je me demande dans quelle mesure on serait très heureux de noyer dans la boue une paire de chausssures de 180€. Les premières minutes j'évitais les flaques et le gras, puis je me suis dit que c'était aussi ça la classe: même très belles, c'est leur fonction alors go dans la boue!

Alors le gros problème des Sense Ultra 5: le blanc, beaucoup trop salissant et inadapté à la boue :). Mis à parts ça, elles ne sont pas particulièrement à l'aise sur terrain gras et c'est ainsi que Salomon a prévu les SoftGround.

Evidement le mesh est totalement inefficace pour protéger de l'humidité, mais ce n'est pas le sujet. Je ne peux pas non plus parler de longévité, mais on sait des expériences de coureurs sur les autres modèles que ce n'est pas vraiment leur point fort.

Sur le plan dynamique, c'est un régal. On ne pourra pas les emmener sur de très longues distances, mais la tonicité ressentie est plutôt agréable, la précision du pied. C'est une chaussure hyper ludique.

En rentrant du boulot, passant par la forêt.

En montée.

Vue latérale en plein action :)

Chose que je n'ai pas mentionnée, ce sont les chaussures de Kilian Jornet et de François d'Haene. On pourra donc être influencé par l'image et la force du marketing, être séduit et tenté de les choisir pour cela. Ces Salomon S-LAB Sense Ultra 5 ont quelques qualités indéniables comme la précision de leur chaussant, leur dynamique tonique et leur légereté. L'ensemble associé à un drop de 4mm cible clairement les coureurs rapides et/ou possédant une attaque médiopied mais ce sont presque des chaussures de pistes adaptées aux sentiers.

Le pendant évident est qu'il y a très peu d'amorti et que leur usage est limité au terrain plutôt sec (ce ne sont pas les softground). Il faudra aussi évidemment éviter les trop longues distances. Sur un point plus personnel, j'ai beaucoup de mal avec la rigidité du talon et quelques inserts très présents à cet endroit qui réduisent le confort général. Notons aussi le prix conséquent de 180€ à comparer aux modèles concurrents moins chers et sans doute de plus grande longévité.

En résumé

Alors que les Salomon S-LAB Sense 5 Ultra sont avant tous des chaussures radicales (On n'est pas tous François d'Haene ou Kilian), elles offrent une assez bonne polyvalence qui permettra de courir en "door to trail" ou travailler quelques exercices spécifiques de vitesse. Leur confort, leur accroche (acceptables tant que le terrain est sec) sont plutôt moyens mais finalement on s'en fiche un peu. Le prix est rédhibitoire (180 euros) pour n'importe quel autre modèle, mais on ne les achète pas par hasard.

Techniquement, cette S-LAB Sense Ultra 5 cible la vitesse et la performance mais encore faut-il pouvoir envoyer. Les sensations sont très bonnes tant que le sol est sec et la stabilité en descente plutôt correcte même si l'amorti est quasi inexistant. L'accroche et le confort sont secondaires, sont point fort c'est le tonique épuré. Peut-être même que certains l'achèterons pour frimer à Chamonix ou compléter une polaire de finisher.

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